Hendrix, Lennon, ressuscités sous forme d’hologrammes

Fin 2014, le musée londonien The Music Hall of Fame ressuscitera John Lennon ou Jimi Hendrix grâce à des hologrammes. Une technologie qui s’immisce déjà dans notre quotidien.

Dans Los Angeles 2013, série Z du XXe siècle, le héros, Snake, interprété par Kurt Russell, feinte ses ennemis grâce à un hologramme, une image de lui-même en 3D. Habile manoeuvre qui permet de détourner l’attention des méchants pour les attaquer par derrière. Malin. John Carpenter, le réalisateur, avait vu à peu près juste pour la date : les hologrammes font (presque) partie de nos vies. On se souvient du concert de Tupac, mort à Las Vegas en 1996, mais sur la scène du festival Coachella 2012 en version holographique. Gênant. Pareil pour un autre grand nom du rap, Eazy-E, en septembre 2013. D’autres l’ont fait. Mariah Carey, bien vivante, elle, s’est produite dans cinq villes européennes simultanément. Dans un style moins spectaculaire, la mairie de Puteaux a eu l’étonnante idée d’installer dans son hall l’hologramme d’une hôtesse donnant les horaires d’ouverture.

Dernière idée holographique en date, celle du Music Hall of Fame, qui ouvrira ses portes à Londres fin 2014. Ce musée-parc d’attractions ressuscitera John Lennon, Jimi Hendrix et Freddie Mercury, notamment, qui rejoueront pour l’éternité leurs plus grands concerts. Clou du show, les visiteurs pourront chanter épaule contre épaule avec les légendes sur scène, imiter pathétiquement les mouvements de micro du leader de Queen ou mimer le jeu de guitare derrière la nuque d’Hendrix. Navrant spectacle qui sera gravé sur DVD et que le quidam content de lui pourra acheter à la sortie. Inutile d’imaginer ce qu’auraient pensé Lennon et consorts du procédé. Business is business.

Le futur sera holographique

Le futur sera holographique. Bientôt, ces doubles technologiques feront partie de notre quotidien. Un prof se démultipliera depuis chez lui, bien droit sur son canapé, dans une vingtaine de classes. Employés de banque, guichetiers SNCF, curés, chefs d’entreprise : tous des hologrammes. Après les disques, les films et les livres, l’humanité à son tour se dématérialisera. Chacun restera chez soi, laissera son image 3D arpenter le monde hostile. Un clone numérique capable de traverser les murs, de se téléporter, de voyager en pièce jointe d’un mail, de se télécharger. Nous accéderons à l’ubiquité sans peine. Pour les vacances : Italie, Grèce et Nouvelle-Zélande en même temps, sans transports ni hôtels. Il y aura bien quelques rabat-joie pour regretter la poignée de main virile, la tape dans le dos ou l’accolade.

Mais quelle révolution ! Fini les webcams poussiéreuses, les discussions électroniques se feront dans le salon entre corps simulés, les e-corps. Un peu de musique ? C’est Mozart lui-même qui s’installera au piano. Western ? Clint Eastwood dégainera dans le couloir. Louis XIV sera convoqué dans la chambre du gamin qui potasse son cours d’histoire. Le monde sera peuplé de tous ces spectres, vedettes ou badauds. Plus de chair ni d’os. Les fantômes de nos vieux manoirs ne sont que des âmes errantes. Ces hologrammes futuristes, ces légendes du rock ressuscitées erreront aussi. Mais sans âme.

par Nicolas Carreau

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