Histoires & Condiments

Blog de Walther Gallay

AC/DC : non, Phil Rudd n’a pas engagé de tueur à gages

Faute de preuves suffisantes, l’inculpation de complot de meurtre a été abandonnée contre Phil Rudd, le batteur du groupe AC/DC. Il reste toutefois accusé d’avoir proféré des menaces de mort, et de possession de drogue.

Phil Rudd, 60 ans, voit une partie des charges retenues contre lui s'évanouir.

Phil Rudd, 60 ans, voit une partie des charges retenues contre lui s’évanouir.Photo : SIPA

Angus Young : « Arrêter AC/DC ? Seulement si on meurt tous ! »

Avec « Rock or Bust », le groupe australien AC/DC remet les pendules du rock à l’heure. Rencontre avec le guitariste Angus Young, showman infatigable, malgré les épreuves.

Brian Johnson (à g.) et Angus Young (à d.) : back to rock n'roll !

Brian Johnson (à g.) et Angus Young (à d.) : back to rock n’roll !Photo : SIPA

« Take me to church » de l’Irlandais Hozier, tube de l’hiver ?

Le chanteur irlandais Hozier va illuminer les longues soirées d’hiver avec son premier single, dont le clip fait déjà un carton sur YouTube depuis plusieurs mois.

C’est le tube qui monte, qui monte, qui monte. 45 millions de vues sur YouTube, des prestations télé impressionnantes, un titre qui grimpe en flèche sur iTunes aux Etats-Unis et en France, le chanteur Hozier impose enfin pour de bon le single « Take me to church ».

Nommé aux Grammy Awards

Ballade crépusculaire au refrain puissant, la chanson figure sur le premier album de ce chanteur irlandais, aussi grand par la taille (1m94) que par le talent. L’album recèle de pépites aussi grandioses que le titre qui l’a fait connaître, comme « Jackie and Wilson », « Someone New » ou « Sedated ».

Nommé pour la prochaine cérémonie des Grammy Awards avec « Take me to church », Hozier possède le don de fignoler des ballades tantôt ouatées tantôt rageuses. En concert, comme à Rock en Seine l’été dernier, le chanteur âgé seulement de 24 ans oscille entre atmosphère intimiste et grands moments de bravoure façon Jeff Buckley ou Chris Whitley. On a hâte de le revoir.

Benjamin Clementine : le parcours d’un hobo habité par la musique

Un parcours invraisemblable, une dégaine de clochard céleste, une musique aussi dépouillée que puissante, des concerts renversants : l’Anglais Benjamin Clementine magnétise. Portrait et interview.

Liège, mercredi 10 décembre. Cinéma Le Parc. Rangées de fauteuils en velours pourpre, rideau de scène assorti. Un escogriffe sort de la pénombre, se dirige vers un piano à queue auquel fait face un tabouret américain. Il avance pieds nus, vêtu d’un long manteau défraîchi comme en recyclent les Emmaüs, se fige devant l’instrument l’index enfoui dans une monumentale pompadour de cheveux crépus. Son embarras, perceptible, se communique à toute la salle. Hésitant, il fait craquer ses phalanges avant de se résoudre à poser ses longs doigts enrobés de sparadrap sur les touches du clavier. Deux notes, puis trois. Il hasarde une courte phrase avec l’incertitude d’un concertiste longtemps privé de gammes, la même qu’exprime Adrien Brody sommé de prouver ses aptitudes à l’officier allemand dans une scène-paroxysme du Pianiste de Polanski.

Peu à peu, la glace se fissure, un filet de musique émerge, se fraie une voie timide dans cette obscurité tendue d’expectative. Un chant intime sinue jusqu’à nous, s’évase, se dilate. Le martèlement des touches et le lyrisme vocal grandissant créent comme un brouillon, un tumulte d’où va naître… une chanson. Puis deux, trois, quatre, chacune cousue d’irrégularités rythmiques, chacune orpheline d’appoggiatures, d’ornements chromatiques. Mais toutes d’une force expressive qui va tenir en haleine l’assemblée liégeoise pendant deux heures et finir par lui inspirer une standing ovation plongeant l’escogriffe dans une gêne encore plus lisible.

Claque 

Ceux qui ont vu Benjamin Clementine sur une scène utilisent souvent les mêmes mots. Parlent de choc. Disent avoir été “scotchés”, “renversés”, “médusés”. David Donatien, musicien qui accompagne depuis huit ans Yael Naim, résume : “Il ne joue pas très bien du piano. Les chansons ont l’air un peu bancales. Et pourtant, tu te prends une claque !” Le bruit court depuis trois ans. Depuis qu’un usager du métro parisien l’a découvert un soir alors qu’il empruntait la ligne 2.

“Je suis monté à la station Ménilmontant quand ce type est arrivé avec une guitare,” raconte Aysam Rahmania, lui-même musicien. “Je devais descendre à la station Barbès. Je suis allé jusqu’à Etoile et suis reparti en sens inverse pour l’écouter encore. J’étais soufflé. Les gens dans la rame étaient soufflés. Les gamins le filmaient avec leur portable. Les bourges qui rejoignaient les beaux quartiers lui filaient des billets de 50 euros.”

Aura

Son répertoire se compose de chansons originales, mais aussi de reprises de Dylan et de Nina Simone. Aysam demande le numéro de Benjamin, l’invite le lendemain à son petit studio d’enregistrement de la rue Muller. Entre-temps, il appelle un ami, Matthieu Gazier, qui à son tour l’invite à une soirée dont il est le DJ.

“La première fois que je l’ai vu chanter, au-delà du répertoire et du style, c’est son aura qui m’a impressionné,” se souvient Matthieu, aujourd’hui manager de Benjamin pour lequel il a monté le label Behind. “Il y avait dans son regard une force qui traduisait toute sa détermination. Beaucoup de jeunes musiciens cherchent un point d’accroche, ou de fuite, lorsqu’ils passent une audition. Lui me regardait droit dans les yeux. Son charisme, un mélange de retenue très british et une générosité hors norme, était immédiat.”

La chaîne des bonnes volontés ne s’arrête pas là. Lionel Bensemoun, propriétaire du club Le Baron, le programme plusieurs fois. En novembre 2012, il passe au café Carmen dans le IXe arrondissement. C’est là que Sylvain Taillet, directeur artistique de Barclay, le découvre à son tour.

“J’ai vu un grand mec avec sa coupe de cheveux incroyable se planter derrière un piano. Je n’ai pas souvenir d’avoir été témoin d’une chose aussi forte. Tout y était, le répertoire, la manière de l’amener, la voix, l’aura. Le lendemain, il était dans mon bureau avec Matthieu. J’étais prêt à le signer sans avoir écouté la moindre maquette.”

Un tourbillon comme il s’en forme rarement sous nos climats tempérés, pour ne pas dire apathiques, entraîne le chanteur de la ligne 2 du métro dans une incroyable et vertigineuse ascension. “Il est rapidement devenu une sorte de coqueluche un peu branchée que l’on invitait dans les festivals de cinéma ou lors des fashion weeks. C’est comme ça qu’il s’est produit à Cannes, à Cabourg, à Deauville”, souligne Aysam Rahmania.

Vagabond 

En juin 2013, un ep où figure Cornerstone, chanson énigmatique autant que révélatrice, voit le jour. A l’automne, Benjamin débute à Londres, où il a grandi, à la St Pancras Old Church, puis fait sensation à l’émission Later de Jools Holland sur BBC 2. Autre invité du show, Paul McCartney vient le féliciter en coulisse. La semaine suivante, Benjamin est l’artiste le plus suivi sur Spotify. Et signe avec Virgin-EMI Le 19 mai 2014, six mois après un passage remarqué aux Transmusicales de Rennes, il remplit La Cigale à Paris. Il a 25 ans et un seul ep à son actif. Sur scène, il chante Cornerstone, ainsi qu’une quinzaine de chansons originales qui construisent soir après soir ce petit théâtre d’émotions puissantes et crues. S’acquittant aussi de quelques reprises fétiches, dont le Ain’t Got No, I Got Life de la comédie musicale Hair qu’interprétait Nina Simone sur scène.

Les paroles tenteraient presque de nous dissuader d’en savoir plus. Alors qu’en réalité, elles nous y incitent :“Je n’ai pas de foyer, je n’ai pas de chaussures, pas de pays, pas d’argent, pas de mère, pas d’éducation, juste moi-même...” Or s’il est bien vrai que Benjamin Sainte-Clementine répugne à se chausser, il ne peut nier qu’il ait un père, une mère, des frères, un pays et une éducation. Il a grandi dans une famille d’origine africaine (Ghana) à Edmonton, localité suburbienne du nord de Londres dont le taux de chômage figure parmi les plus élevés du Royaume-Uni. Une criminalité assez importante pour avoir inspiré à la population une marche blanche dans les rues de la ville en juin dernier. Ce qu’il en conserve reste ambigu. Dans Gone, qui clôture son premier album At Least for Now, il évoque le souvenir de l’Edmonton de son enfance sous l’emprise d’une nostalgie limite douloureuse. Il semble néanmoins que ses jeunes années en banlieue aient été marquées par l’isolement…

Kant rencontre Satie 

Inscrit dans une école catholique, il y a fait des études correctes, profitant des moments de récréation pour pianoter sur l’orgue d’église. Signe d’une certaine insoumission, il sèche les cours qui le barbent pour rejoindre, non le pub voisin comme ses camarades, mais la bibliothèque où il découvre la philosophie de Kant et la poésie de William Blake. Côté musiques, ses goûts l’isolent encore plus. Il ne jure que par les pièces mélancoliques d’Erik Satie, en particulier les Gymnopédies, ce monde à part figé dans une tristesse rêvée, presque protectrice. Il voue aussi un culte à un obscur chanteur anglais, Jake Thackray, qui adapta des chansons de Georges Brassens dans les années 60.

Dans un environnement culturel dominé par cette identité virile rabâchée dans le rap, Benjamin fait tache. On le malmène. On le traite de “pédé”. A la maison, ce n’est guère mieux. Ses parents feront tout pour étouffer une sensibilité qui éloignait leur fils de leurs attentes. Lui se retranchera dans son monde intérieur dont le ciel est constellé de poèmes, d’élégies, d’arias. Puis il finira par quitter la maison. “Ses parents l’ont carrément foutu dehors”, corrige Aysam Rahmania. Réfugié quelques mois à Camden, où il travaille dans une boutique de fringues tout en terminant sa première année de droit, il débarque à Paris en septembre 2011. Sans argent ni contact, sans parler un mot de français.

Pierre angulaire

Il n’est pas totalement fortuit que la première chanson qu’il ait écrite soit ce Cornerstone. Toutes ses blessures d’amour-propre, frustrations, ressentiments, ce qu’il lui a fallu ravaler, s’y déversent. Apparemment, Benjamin ignorait que quarante-cinq ans plus tôt un certain Bob Marley avait composé une chanson intitulée elle aussi Cornerstone avec une même thématique. Empruntant un proverbe biblique où il est dit “The stone that the builders refuse will always be the head cornerstone” (“La pierre rejetée par les bâtisseurs sera toujours la pierre angulaire”), Marley témoignait du refus de sa famille paternelle de l’accepter et de sa volonté de s’élever coûte que coûte.

Pas forcément la meilleure du lot, Cornerstone est néanmoins la pierre angulaire d’At Least for Now, disque grandiose de bannissement et de revanche où Benjamin se met en scène à la manière d’un personnage de Dickens, un Oliver Twist des temps modernes avec quelque chose de Jean-Michel Basquiat pour la force brute et la spontanéité. Car comme pour la peinture de Basquiat, ce disque absolument inclassable crée son propre genre, une captivante hybridation de musique classique, de chanson française, de jazz, de folk, de gospel. Jonathon Quarmby, qui l’a coproduit au studio RAK de Londres, raconte :

“La première fois que je l’ai vu, c’était à la St Pancras Old Church et je me suis dit qu’en trente ans de métier, je n’avais pas vu quelqu’un d’aussi talentueux, d’aussi original. Il m’est vite apparu qu’en studio Benjamin savait exactement ce qu’il voulait. Tous les grands artistes ont une conviction à propos de leur art et lui en est un. Mais ce n’est pas non plus un control freak. Il accepte certaines idées extérieures. Il ne voulait absolument pas de guitare. Mais il a accepté quelques cordes, un peu de batterie et de la basse. Il tenait à ce que les sons restent les plus naturels possibles. Bien qu’il s’agisse de sa première expérience en studio, il s’est rapidement senti à l’aise. Il apprend vite et, comme il veut tout savoir, à la fin il en savait autant que moi sur la technique d’enregistrement.”

Jonathon, qui a fait écouter l’album à peine terminé à quelques amis, reste confondu par les réactions qu’il suscite : “Il y a ceux qui ressentent une joie immense et les autres qui sont émus aux larmes.” Pas de foyer, pas de pays, pas d’éducation… Mais le monde à ses pieds nus ?

Interview 

Vous vous présentez sur scène les pieds nus, vêtu d’un manteau défraîchi. Pour quelles raisons ?

Benjamin Clementine – Chez moi, je joue du piano les pieds nus. Je sens mieux les pédales de l’instrument, qui devient une extension de moi-même. Sur la scène, j’entends rester le plus près possible de celui qui compose ces chansons. Ce contact direct me rend plus libre d’exprimer ma personnalité, sans chichis, sans affectation. Mon souci est de ne surtout pas paraître comme celui que je ne suis pas. Je ne veux pas jouer un personnage. Je suis Benjamin. Si je pouvais, j’entrerais entièrement nu sur scène.

Hier soir à Liège, vous avez commencé votre récital avec Edmonton, une chanson inédite.

C’est le nom de la banlieue du nord-est de Londres où j’ai grandi. Récemment, un journaliste allemand m’a posé cette question : “Vous venez d’une banlieue difficile, d’un ghetto. Pourquoi ne faites-vous pas du rap ?” C’est vrai qu’il y a des problèmes. Beaucoup de jeunes d’Edmonton sont issus de foyers monoparentaux, et souvent livrés à eux-mêmes. J’ai vécu ce que beaucoup endurent dans ces quartiers. Il y a ceux qui vous rackettent, ceux qui vous agressent dans le bus juste pour filmer la scène avec leur portable et la poster sur internet. Avant les années 2000, c’était un quartier essentiellement blanc et working class. J’appartenais aux rares familles issues de l’immigration. Mais depuis, le paysage humain a considérablement changé. Beaucoup de Turcs, de Roumains, de Polonais, d’Africains sont arrivés. L’atmosphère est différente. Les Caucasiens sont partis. Les seuls Blancs à être restés sont des retraités. La cohabitation entre communautés se fait difficilement. Pour autant, mon coeur reste à Edmonton. C’est pourquoi j’ai écrit cette chanson, ainsi qu’une autre, Gone, qui, elle, figure sur l’album et parle de ma nostalgie pour l’endroit où j’ai vécu.

Une rupture qui a marqué vos débuts concerne votre famille…

Je ne veux pas trop mêler ma famille à tout ça. Par respect. Je n’ai pas eu la meilleure des éducations, mais mes parents m’ont enseigné au moins une chose : le respect.

On dit que vous êtes issu d’un foyer religieux strict ?

Plutôt d’une famille qui se prétendait telle. En ma présence, mes parents se comportaient en gens pieux. J’ai compris plus tard que beaucoup de choses n’étaient que de façade. Vous commencez la chanson Winston Churchill’s Boy par ces mots : “Jamais dans le domaine des affections humaines, a-t-on donné autant pour recevoir si peu d’attention”. Ça semble très autobiographique… J’ai grandi dans une très grande solitude. Je ne parlais à personne. Je n’avais pas d’amis. Je n’allais jamais au pub. Même avec mes cinq frères, je communiquais peu. Je suis le plus jeune et j’admets avoir été le plus difficile de la famille. La première fois que j’ai éprouvé un sentiment d’appartenance, c’est en découvrant les Gymnopédies d’Erik Satie à la radio. Cette musique m’a apporté une immense consolation. Nous avions un piano à la maison, qu’il m’était formellement interdit de toucher. Je reproduisais en cachette les notes de Satie. J’aimais le son du piano. J’avais le sentiment qu’il me guérissait.

Vous n’avez jamais étudié la musique ?

Mes parents ont tout fait pour m’en éloigner. Ils voulaient me voir suivre la voie académique avec à la clé un job en costume-cravate. Leur discours, c’était : “Tu n’iras nulle part avec la musique. Concentre-toi sur tes études, deviens avocat, gagne de l’argent. Tu as beau être citoyen britannique, tu appartiens à une minorité. Alors évite de faire des vagues.” J’ai donc étudié le droit pendant une année avant de partir de chez moi. Mes parents venaient de divorcer. Plus rien ne me retenait à Edmonton.

Quel est votre rapport avec le rock, la pop ?

Je n’en ai aucun. Le seul musicien pop avec lequel je me sens certaines affinités, c’est Jimi Hendrix.

Et avec la musique africaine ? Vos parents sont originaires du Ghana…

Mais ils ne m’ont absolument rien transmis de cette culture. J’ai découvert Fela Kuti à Paris. Comme Nina Simone et Charles Aznavour d’ailleurs. La musique dont je me sens le plus proche est finalement française.

De vos années à jouer dans le métro parisien et dans les bars, que retenez-vous ?

Une expérience unique. Je me souviens qu’à l’époque, je ne pensais jamais au lendemain. Seul comptait le moment présent. Il fallait trouver à manger, quelque part où dormir. J’ai vécu quelques mois dans un foyer près du métro Lamarck- Caulaincourt. Il y avait dix lits de campements dans le dortoir et des gens différents tous les soirs. C’est là que j’ai commencé à écrire mes premières chansons.

Björk en cinq pochettes d’albums

Artiste total, Björk a toujours pris un soin extrême à la composition des pochettes de ses précieux albums. Alors que vient de sortir “Vulnicura”, retour sur l’esthétique de cinq d’entres elles.

Les pochettes de Björk sont presque aussi attendues que ses albums. Elle y enfile, chaque fois, le costume d’un nouveau personnage – autant de pistes supplémentaires pour comprendre sa musique. En neuf albums, elle décline son rapport à l’humanité (humaine ou monstre), à la féminité (belle ou inquiétante) et à l’amour (romantique ou pragmatique). Récemment, elle expliquait la pochette de son dernier album, Vulnicura, peut-être la plus étrange. Mais d’autres ne sont pas en reste.

Debut (1993) : la gamine sauvage

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Juillet 1993, Björk a 28 ans, et en fait 10 de moins. Pour son premier album international, la photo est en noir et blanc. La belle Islandaise y est sans phare, vêtue d’un pull angora un peu large. Son regard enfantin planté dans l’objectif, impertinente. L’auteur de la photographie, Jean Baptiste Mondino, explique l’ambiguïté du cas Björk lorsqu’il prend cette photo.

“La première impression que j’ai eue d’elle ­et qui dure­, c’est qu’elle est un mélange de maturité et d’enfantin (…). Mon travail avec Björk n’avait rien à voir avec les représentations esthétiques que j’avais eues jusque-là, quand je portais à l’écran ou en photo des femmes chez qui, souvent, la sexualité dominait. (…) Certaines ont l’impudeur de se déshabiller, de se mettre à poil, de faire des choses provocantes, elle a l’impudeur et la provocation de nous montrer quelque chose d’intime mais autre.”

Elle pourrait sourire mais sa bouche est cachée derrière ses mains jointes de petite fille sage, comme pour retenir un fou rire. Deux éclats de lumière sous ses pupilles : ce n’est pas de la malice, mais deux paillettes déposées sous ses paupières. Elle a les cheveux ébouriffés d’une enfant sauvage qui les auraient emmêlés à force de trop courir. C’est la cover la plus simple et épurée, qui n’inquiète ni ne rebute.

Homogenic (1997) : la guerrière de l’espace

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Quatre ans plus tard, Björk est méconnaissable. Elle n’a plus rien de la gamine rieuse de Debut. La photo sur son quatrième album, Homogenic,prise par Nick Knight, la montre en geisha futuriste assez effrayante. Elle est ultra féminine, revêtue d’un kimono fleuri bordé de rouge (une création d’Alexander McQueen), mais le sentiment de menace n’est jamais loin. Ambivalence encore avec son cou cerclé de bagues de métal telle une femme girafe, comme si sa tête sortait d’un tuyau tout en lui donnant un port de reine. Le regard est noir et vide, et son crâne porte ses cheveux rassemblés en deux chignons, dressés comme deux antennes. Dans une interview, la chanteuse expliquait vouloir devenir une guerrière pour cette pochette.

“Une guerrière qui ne se bat pas avec des armes mais avec l’amour. J’avais dix kilos de cheveux sur la tête, des lentilles spéciales et une manucure qui m’empêchait de me ronger les ongles, du scotch autour de la taille, des sabots qui m’empêchaient de me déplacer.”

Enième paradoxe : alors que sa voix s’envole, capable d’attendre la moindre note sans effort, son corps, lui, semble cloué au sol par tout un attirail d’accessoires la rangeant du côté des extraterrestres.

Vespertine (2001) : la ballerine vulnérable

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Retour à une féminité moins inquiétante. En ce début de XXIème siècle, elle se détache de la figure robotique figée des albums précédents pour revenir vers son image de jeune femme. Elle n’est plus l’enfant de la couverture de Debut, mais une femme séduisante sous le soleil rappelant Harriet Andesson dans Un été avec Monika (1953) d’Ingmar Bergman. Elle n’est plus, non plus, la femme forte d’Homogenic : allongée sur le dos, le bras ramené sur le visage, elle semble se protéger, à la fois victime et soumise.

A son cou, un cygne l’enlace, la tête de l’animal repose amoureusement sur son sein. Björk voulait la présence d’un cygne parce que elle conçoitVespertine comme “très hivernal et ils (les cygnes) sont blancs, une sorte d’oiseau d’hiver. Et bien sûr ils sont très romantiques, très monogames.”rapporte Mark Pytlik dans sa biographie de la chanteuse Wow and Flutter(2003). Ce cygne est en réalité une robe de la styliste Marjan Pejoski que Björk portera lors de la cérémonie des Oscars en 2001, provoquant de nombreuses moqueries.

Volta (2007) : l’objet asexué

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Volta est sans doute la pochette sur laquelle la chanteuse est la moins humaine. Elle n’est désormais plus un robot ni un alien – elle devient carrément un objet. Elle pourrait aussi bien être une bouteille, une poire, une poule ou un jouet de Kinder Surprise. C’est rond, lisse et brillant comme du plastique, coloré comme une plante exotique. La seule preuve d’humanité, ce sont ces deux gros pieds violets qui ressemblent d’avantage à des pattes de monstres. Ce n’est pas un hasard si pour cette pochette elle décide de se transformer en un objet pop à la Andy Warhol : elle parle de Volta comme l’album plus commercial qu’elle ait jamais fait, avec des collaborations avec le très mainstream Timbaland.

Vulnicura (2015) : le monstre solaire

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Peut-être la pochette la plus mystérieuse de la carrière de la chanteuse Islandaise : Björk ressemble à un monstre recouvert d’une couronne de plastique. Sa combinaison de latex noir, ultra moulant, lui rend la peau lisse et brillante comme celle d’un cobra. Cela pourrait être sexy sauf qu’elle s’ouvre au niveau du torse, comme une entaille qui rappelle une blessure (ou un vagin, à vous de voir). Elle est recouverte de pics de plastique jaunes et bleus irradiants. C’est à la fois sombre et solaire. Björk expliquait ce choix il y a quelques jours à la BBC Radio 1 en parlant de la schizophrénie que peut ressentir un cœur brisé, elle qui a écrit cet album à la suite de la rupture avec son compagnon.

“Quand tu vis une période difficile, tu as cette noirceur, mais comme c’est souvent le cas, tu ressens aussi l’inverse, des explosions de lumières jaunes – donc tu connais cette dépression, avec ses moments de joies intenses et ses contrastes. C’est assez drôle de voir comment l’ête humain réagit. Et il y a des tonnes de chansons, comme Last Night A DJ Saved My Life, avec tous ces gens sur le dancefloor, habillés en habits disco, qui dansent au rythme de leur coeur brisé. (…) Parfois, la peine enfante de la lumière, du rêve, de la joie intense, ils sont parfois jumeaux, ils s’accompagnent et se complètent.”

Quelques années avant elle, en 1992, Léonard Cohen se faisait la même remarque : comme il est étrange que la douleur peut aussi engendrer de la beauté. “There is a crack in everything, that’s where the light gets in” (“Il y a une fêlure dans toute chose, et c’est de cette manière que pénètre la lumière”), répète t-il dans la chanson Anthem.

par  – Source Inrocks

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Les Open Mics 2015 des Inrocks , les infos

Du 12 mars au 16 avril, le lab repart sur les routes pour auditionner la crème de la scène francophone. Comment participer à ces open-mics ? y assister ? Pas de panique, on vous explique tout.

Crédit Laurent Malet – Open-Mic de Montpellier 2014 avec le groupe Nightbird

A l’occasion de la 12e édition du concours de découvertes musicales, le lab reprend sa quête, fouinant l’Internet et les salles de concert à la recherche de la perle rare. Dix auditions (dites “open-mics”) auront lieu sur le territoire hexagonal. Mode d’emploi.

Comment participer aux auditions 2015 ?

Il suffit de vous inscrire au concours 2015 en remplissant le formulaire suivant avant le 23 février. Un conseil : n’attendez pas le dernier moment, les places sont rares.

Comment assister aux auditions ?

Les auditions ont lieu en soirée et sur invitation, à retirer gratuitement sur Digitick, à partir du 26 février.

Comment trouver une audition près de chez vous ?

La rédaction du lab pré-sélectionne 10 groupes (maximum) par ville parmi tous les artistes inscrits au concours 2015. Chacun sera auditionné dans la ville la plus proche de son domicile. Voici les dates d’open-mics :

Jeudi 12 mars à la Bellevilloise (Paris)

Mercredi 18 mars à la Laiterie (Strasbourg) – présenté par “Les Scènes d’ici”
Jeudi 19 mars au Grand Mix (Tourcoing)

Mercredi 25 mars à l’IBoat (Bordeaux)
Jeudi 26 mars au RockStore (Montpellier)

Mercredi 1er avril au 106 (Rouen)
Jeudi 2 avril au Ferrailleur (Nantes)

Mercredi 8 avril au Transbordeur (Lyon)
Jeudi 9 avril au Cabaret Aléatoire (Marseille)

Jeudi 16 avril au Centre FGO Barbara (Paris)

Comment ça marche un open-mic ?

Devant un jury local, chaque artiste aura 20 minutes (installation comprise) pour proposer une représentation adaptée aux conditions spécifiques de ce format d’audition. Il est vivement conseillé aux artistes pré sélectionnés de revoir leur fiche technique et de l’adapter aux conditions de l’open-mic (propres à chaque salle). Le format acoustique pourra être privilégié.

Qui compose le jury de chaque open-mic ?

Ce jury est composé d’un ou de deux journaliste(s) inRocKs, d’un programmateur Radio Campus, d’un partenaire local de l’IRMA et d’un journaliste de presse régionale.

Quand est ce que les résultats des open-mics sont annoncés ?

Les résultats de la tournée d’open-mics sont tous annoncés en même temps : le mercredi 6 mai 2015, sur le site.

Combien d’artistes sont qualifiés ?

Quinze artistes seulement sont retenus à l’issue des auditions, ce sont les lauréats. Dans chaque ville auditionnée, le jury désigne au moins un lauréat. Dans une même ville, plusieurs lauréats peuvent être désignés – en fonction du niveau artistique.

Je ne peux pas participer à un open-mic car j’habite trop loin des villes auditionnées. Puis-je quand même présenter ma candidature ?

Si aucun open mic ne se déroule près de chez vous, pas de panique, n’hésitez pas à postuler en ligne : la rédaction écoute tous les projets et pourrait vous repêcher pour rejoindre la liste des 15 lauréats !

par  – Source Les Inrocks LAb