Le numéro 1178 de “Charlie Hebdo”, le premier depuis la tuerie du mercredi 7 septembre, tiré exceptionnellemnt à 5 millions d’exemplaires a littéralement été pris d’assaut dans tous les points de vente en France. Reportage dans une librairie du quartier Bastille.

11h30, les clients de succèdent dans la librairie de Ruben, à quelques pas de la place de la Bastille à Paris. “Il vous en reste ?”, demande une cliente. “J’imagine que vous avez été dévalisé”, demande une autre.“Vous avez pu m’en garder un”, s’essaye désespéramment un retraité. L’objet de convoitise de ce mercredi matin, c’est le nouveau numéro deCharlie Hebdo, le premier au lendemain de la tuerie qui a coûté la vie à douze personnes, au siège de l’hebdomadaire satirique.

“C’est du jamais vu !”

A ses clients, habitués ou non, Ruben se résigne à répondre la même chose : “Je suis désole, on a été dévalisés dès l’ouverture du magasin. Mais revenez vendredi, je vais faire une demande pour 300 exemplaires.” Ruben ouvre habituellement à 7h, chaque matin. S’attendant à une affluence particulière, il avait pour l’occasion, avancé la levée de son rideau de dix minutes. Mais il n’était pas le seul à avoir eu cette idée. A 6h50, ils étaient déjà 15 à faire la queue à l’extérieur. “Je n’ai jamais vu ça de ma vie. Il y avait même une caméra de la télévision italienne qui a fait le déplacement. Les gens demandaient plusieurs exemplaires”. Ruben a décidé de les vendre un par un. Premièrement car il n’en a réservé aucun, “c’est trop compliqué vue la demande ce matin”, explique-t-il. Deuxièmement car il craint que les gens n’en achètent plusieurs pour les revendre sur Internet.

A cette heure avancée de la matinée, les clients repartent pour la plupart bredouille. En effet, outre Charlie Hebdo (dont la centaine d’exemplaires a disparu en quelques minutes), le Canard Enchaîné (“Et du Canard, vous en avez encore ?” a-t-on pu entendre) et Libération ont également rapidement disparu des étals de Ruben. A la mi-matinée, une redistribution d’exemplaires du Figaro et de Libération a été organisée exceptionnellement. Philippe, inspecteur des ventes, avec une quinzaine d’exemplaires de Libération sous le coude témoigne : “Les gens sont agressifs, ils ne comprennent pas la rupture de stock”. A 10h, selon l’AFP, il n’y avait plus un seul exemplaire de Charlie Hebdo en vente en France, malgré un tirage exceptionnel de 5 millions d’exemplaires.

“On a vu plein de nouveaux clients franchir la porte”

Fataliste Ruben observe tout de même que c’est une bonne chose pour son métier. “On a vu plein de nouveaux clients franchir la porte, raconte-t-il. Mais je suis triste de dire aux fidèles qu’ils devront revenir de très bonne heure vendredi. D’ailleurs, à mon avis, ça sera la même galère.”Une cliente, déçue mais philosophe l’apostrophe : “Je n’ai plus qu’à mettre mon réveil !” Elle est tout de même repartie avec trois quotidiens et un hebdomadaire sous le bras.

par

Source Les Inrocks

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