Café Bertrand enrage les ondes dès le 1er Sept avec son nouveau single « La Rage »

Le quatuor rock Café Bertrand a clôturé la tournée qui a défendu l’album « les mains dans l’encre » avec pas moins de 60 dates et sort son nouveau single « La Rage » le 15 Septembre , préambule de l’album « Suites Logiques » à venir en Janvier 2016. Un bon nombre de radios indépendantes diffuseront le titre dès le 1er Septembre 2015

 

 Teaser promo annonce single La Rage – Café Bertrand

Walther Gallay (chant et guitare) , Cédric Toqué (guitare) , Yuri Quintero (batterie) et Alain Perusini (basse) ont enregistré « La Rage » au Studio Le Garage , lieu de prédilection du groupe pour les enregistrements depuis 2011. La formation rock avait sorti un an plus tôt le single « La route » (15.09.14) et son clip en Janvier 2015

La dernière date des CafB s’est jouée aux côtés de Hubert Félix Thiefaine le 16 Juillet dernier au Festival de Néoules, depuis le groupe prépare son « I-Révérence Tour » pendant lequel il annoncera des changements radicaux quant à la distribution numérique des titres du nouvel album et offrira un show tout neuf pour présenter ce nouvel opus. Une pause bien méritée pour les « CafB » qui annonceront bientôt les premières dates du I-Révérence Tour 2016 qui  débutera le 7 Janvier 2016.

Contact Média pour diffuser CAFB (Avec « Diff CAFB » dans l’objet de votre message) : management@cafebertrand.com

Plus d’infos sur le groupe sur le site officiel

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“Vinyl” de Scorsese et Jagger : la vraie bande-annonce de la série à venir !!

Suite de la campagne marketing bien huilée, le teaser est donc arrivé trois jours après les premières images, avec en bande-son, « Personnal Crisis », des légendaires New York Dolls. Au programme, comme on s’en doutait : sex, drugs and rock’n’roll.

La micro bande-annonce est arrivée par un canal peu banal : Instagram. Depuis mardi 4 août, on peut avoir un aperçu de la future série de HBO, produite par Mick Jagger, Martin Scorsese et Terrence Winter (Le Loup de Wall Street), et qui devrait être diffusée à l’automne.

Une mini série de neuf épisodes ayant pour cadre le New York des années 70. On y découvrira la vie de Richie Finestra (New York 911, Nurse Jacky, Boardwalk Empire…), un patron de label discographique, en pleine décadence disco et à l’aube du raz de marée punk.

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Plongée dans le Sziget, le Saint Graal du festivalier européen

Successeur à son propre titre de « meilleur festival Européen » en 2015, le Sziget de Budapest vient de battre un nouveau record avec 441 000 participants venus du monde entier. Si le line-up a tôt fait de convaincre ces derniers, on vous explique pourquoi le vrai challenge se situe ailleurs.

A défaut d’avoir un Burning Man en ses terres, l’Europe oppose depuis désormais 23 ans un concurrent sérieux au fameux festival américain. Situé sur l’île d’Obuda, au cœur du pays des Magyars, le festival Szigetdevient chaque été durant 7 jours un rendez-vous incontournable pour les festivaliers marathoniens. Moins sauvage et colonisé par les drogues queDour, mais bien plus festif, diversifié et mieux organisé que la plupart des festivals du vieux Continent, le Sziget a explosé cette année des records de fréquentation, avec 441 000 festivaliers venus de 89 pays pour profiter du spectacle du 10 au 17 août. Autre preuve de son attractivité : 90 % des billets ont été vendus hors de la Hongrie. En outre, le retour de l’Arena et l’agrandissement des deux scènes principales (Main Stage et A38) ont favorisé le succès titanesque de cette édition.

En arrivant au Sziget, c’est cette impression d’abondance et de grandeur qui prend aux tripes le festivalier non-initié. Qu’il s’agisse des bars, des scènes (une soixantaine au total), ou du nombre de drapeaux bretons éparpillés, tout atteint un chiffre démesuré. Les points forts du Sziget frappent vite celui ou celle qui n’a jamais mis les pieds ici: les paiements se font sans la moindre monnaie, grâce à une carte ou une montre rechargeable (ce système arrive bientôt en France); les activités extra-musicales font florès (plage, cirque, théâtre, village sportif, saut à l’élastique, “Art zone” pour donner vie à des structures originales, un club LGBT…) et la propreté du festival – comparativement à sa taille – pourrait faire pâlir d’envie bien d’autres organisateurs.

Le Luminarium, pour chiller sous des lumières psychés (Anne Donadini)

Pourtant, jamais le Sziget n’aura connu un soir d’ouverture si mouvementé. Après la prestation honorable du groupe hip-hop hongroisIrie Maffia, la venue de Robbie Williams crée des vagues de panique et des malaises, avec 75 000 groupies réunies devant le Main stage.

Sueur, trans et acide lysergique

Le mardi, 40°C de soleil furieux tapent dur sur la verdure et le bitume. L’atmosphère est exaltée mais, bientôt, le record de poussière générée donne l’impression d’avoir intégré la fournaise de Mad Max. Avec en prime le guitariste survolté: ce jour-là, les musiciens ska de Babylon Circus, complices, énergiques et extrêmement fédérateurs délivrent l’une des meilleures prestations offertes par un groupe français au Sziget.

szigetfestival.com/Sandor Csudai

Selah Sue, en revanche, nous déçoit par sa sono mal réglée, qui peine à mettre en avant sa voix rauque et la Télécaster rubiconde de son guitariste. This World et Alone sortent du lot sans pour autant enchanter. La voix de la belle rousse Florence Welch, de Florence + The Machine, combat mieux les étapes de la poussière et de la surpopulation, devant un parterre de drapeaux britanniques. C’est entre 1h du matin, après la soul très cool, humide et chaude de Jungle, et 3h, lorsque s’éteint la trans brutale et magistrale d’Infected Mushroom, que l’on croise la route des premiers verres de palinka, eau-de-vie familière aux Hongrois, qui n’apporte qu’une dérouillée conséquente aux étrangers qui ne l’ont pas apprivoisée. Pour beaucoup, la nuit s’arrête ici.

photo: [ Sandor Csudai ] . www.facebook.com/csudaisandor

Mercredi, 8h du matin. C’est quand tapent les premières basses de Radio Kebab, le traiteur accolé au camping qui se prend pour un soundsystem (et recommencera tous les matins), que se corse le parcours initiatique du débutant du Sziget. On se dit qu’on ne tiendra pas la semaine. Les premières entorses, fractures et minerves trainent leurs carcasses dans le camping. Les festivaliers alchimistes cuvent leurs remontées d’acides. Pour ceux qui préfèrent à ces dernières de bons psychotropes musicaux,Alt-J et Tyler the Creator prennent parfaitement le relais. Vaporeux, léger, lascif et charnel, le premier confirme la maturité de son second album (Every over freckle, Left hand Free). Le show du rappeur alternatif de Californie est, quant à lui, visuellement et musicalement délirant. Les hallucinations aériennes derrière la scène se délitent et s’emmêlent, comme pour doper ce concert au valium, et conforter le leader d’Odd Future dans son travail anticonformiste.

szigetfestival.com/Benedek Varga

Pussy Riot, thermes et asthénie

Le jeudi, le soleil a fait la peau de beaucoup de festivaliers (“La nuit, c’est cool, y a de l’ombre dans ma tente” confie l’un, “Je suis au soleil toute la journée, même la nuit” transpire un autre). Les indiens-kinés du camping sauvent les dos endoloris en chantant des chansons paillardes, les Pussy Riot viennent discuter liberté au Sziget, et ceux qui veulent cesser de respirer des cendres font un tour vital aux thermes de Budapest. Nous, on se dit que même avec une programmation très maintstream, le simple climat du Sziget vaut le détour. “Les gens ne viennent pas que pour le line-up, qui sont les mêmes dans beaucoup de festivals, mais surtout pour l’ambiance. On leur doit d’avoir quelque chose en plus” confie le fondateur du festival, Károly Gerendai. Au sujet de la liberté de la presse si peu chère au président hongrois Viktor Orban, il rétorque qu’il voit le Sziget comme une “république indépendante qui possède ses propres codes”.

“A notre échelle, nous faisons en sorte que la situation ici soit différente de celle du pays. Nous nous détachons des valeurs du gouvernement. Et celui-ci n’entrave pas le festival, en raison des retombées économiques et de la notoriété que nous apportons à la Hongrie.”

La plage aux airs de Full Moon Party (Szigetfestival.com/Gabor Mozsi)

Ce jour-là, entre un stormtrooper couvert d’un drapeau breton et un homme-lapin qui fait du stretching sous LSD, les festivités reprennent avec Balthazar, talentueux quintet belge auteur d’un rock candide et orchestral, suivi de , la petite protégée de Diplo, qui fêtait ses 27 ans et à laquelle on assigne une mention bien pour son live pêchu et ruisselant de sueur, mené de main de maitre grâce à une voix pop gracile et rare. A sa suite, les Ting Tings ravissent le public avec un live bien plus électro que par le passé tandis qu’Interpol assouvit les fans de rock indé US.

Balthazar (Anne Donadini)

La Color Party (Anne Donadini)

Peinturluré par une Color Party qu’aurait déconseillé tout bon cancérologue, on assiste le vendredi aux meilleures prestations de cette cuvée 2015, Kasabian et Gramatik en tête. Carton plein pour le quatuor de rock indé anglais qui, non content de placer haut la barre avec Shoot the Runner en début de show, complète son live de très bonnes reprises (Praise You de Fatboy Slim, Word Up de Cameo…) et augmente progressivement en intensité. Preuve s’il en est que feu Oasis possède depuis longtemps un héritier légitime. Quant à Gramatik,  le DJ slovène a immédiatement conquis un public majoritairement français, suffoquant sous la chaleur et la MD. A l’inverse, le groupe de punk celtique Dropkick Murphys remporte, lui, la palme de la sono la plus désastreuse. Absolument inaudibles du début à la fin, les musiciens et le chanteur peuvent remercier leur public de groupies mâles testostéronées, qui pogotaient sans oublier la moindre parole.

La Bubble Party (Anne Donadini)

Du porno, des pogos, de la pluie

Les deux derniers jours sont un véritable challenge, mais aussi la preuve qu’un festivalier voulant bien faire les choses doit essayer le Sziget au moins une fois dans sa vie, juste pour tester sa capacité de résistance. Le vendredi soir, le collectif ragga-électro Major Lazer fédère un public increvable, bien que parsemé de quelques éclopés, avec des effets visuels cartoonesques parfois pornos, fidèles à ses clips. Il fait la part belle à avec Lean on Me avant que Diplo, enfermé dans une bulle géante, ne se jette et court au milieu d’une foule survoltée. A minuit, le même engouement tient en haleine le public du Colosseum, scène de l’électro minimale, lorsque Vitalic se place derrière les platines. Tout s’enchaine très vite. Les verres pleins tombent à terre, Stamina, Second Lives, Poison Lips et La mort sur le Dancefloor se succèdent, une baston démarre, tous en redemandent. Une heure de set du DJ français aura suffi pour que l’on soit à bout de forces. Avec 13 heures de sommeil en six jours, difficile de tenir le cap au-delà de 5 heures du matin.

Le show de clôture, entre 21h30 et minuit, le dimanche (Anne Donadini)

Le dernier jour, l’île d’Obuda essuie les dégâts d’un orage nocturne. Des béquilles, des matelas détrempés et des ponchos robotiques se meuvent dans la boue. On se sent un peu misérables, mais toujours vivants, avec une capacité pulmonaire divisée par deux. La clôture n’en est pas moins spectaculaire grâce à Limp Bizkit (“en cinq ans de Sziget, je n’ai jamais connu un concert aussi violent“, dixit un rescapé), qui reprend Up in Herede DMX et Killing in the Name of de RATM. Mention Très Bien au garçon inventif qui a confondu la formation d’un cercle pit avec un emplacement idéal pour ouvrir sa tente 2 secondes. Martin Garrix précède le show final coloré de feux d’artifices. On passe la main pour C2C, qui clôt définitivement le festival, parce qu’il faut bien qu’on trouve de la place pour dormir dans l’aéroport et que l’orage reprend de plus belle. Un peu comme le Graal d’un certain film, le Sziget demande à passer pléthore d’épreuves pour en être digne, mais la fierté de le posséder enfin compense tout. Il est facile à reconnaître : c’est le plus poussiéreux.

La Route du Rock 2015 : ceux qu’il ne fallait pas louper

De la bonne surprise Hinds à la claque de Soft Moon, des charismatiques Savages aux agaçants Foals : on vous raconte notre week-end à La Route du Rock.

1. Soft Moon : le meilleur concert du week-end

Il y a des éditions de La Route du Rock qui s’écoulent sans faire de vagues, et il y en a d’autres que l’on vit en sachant pertinemment qu’elles resteront gravées dans nos esprits, tout embrumés soient-ils. Ce fut le cas de cette 25e édition ensoleillée, dont le climax fut atteint le samedi soir aux alentours de 21h sur la grande scène du Fort Saint-Père. C’est là que Soft Moon, alias Luiz Vasquez, encadré de son bassiste et de son batteur, est venu présenter son troisième album, le bien nommé Deeper. La réverb’ règne, conférant aux morceaux hystérisés par des percussions une profondeur fascinante et malgré tout électrique qui invite à la danse. La transe n’est pas loin, encouragée par un Vasquez tout en nuances de noir, le front ceint de boucles brunes, les bras ornés de tatouages, totalement dévoué à ses morceaux d’une puissance rare et radicale, qui font l’effet de racines tortueuses s’enroulant autour des coeurs et des corps avec une violente détermination. C’est dans une lumière de cathédrale que le Californien (désormais installé à Berlin) et ses acolytes offrent leurs deux derniers morceaux en rappel, transformant définitivement leur concert en cérémonie mystique.

2. Savages : la deuxième claque du week-end

On aurait pu résumer cette édition en une simple lettre : S. S comme Soft Moon, donc. S comme Savages, aussi. Portée par la très charismatique Jehnny Beth, ce girl-band post-punk joue moins la carte de la nostalgie “joy division” que celle de la splendeur rock. Et c’est tant mieux. Moulée dans un slim noir, son bomber entrouvert dévoilant un soutien-gorge en dentelle, perchée sur de hauts talons léopard, les cheveux courts invariablement gominés, Jehnny Beth est le genre de personnage absolument fascinant. De même qu’elle avait cristallisé l’attention à “Wiebo”, le spectacle monté par Decouflé autour de Bowie à la Philharmonie de Paris en mars dernier, elle exerce un pouvoir d’attraction irrésistible sur le public malouin, pourtant en toute petite forme le dernier soir du festival. Lorsqu’elle ne chante pas les bras levés dans un geste théâtral qui rappelle celui de Patti Smith (à laquelle elle semble également avoir emprunté des intonations), Jehnny Beth quitte ses talons pour s’offrir des bains de foule pieds nus, le micro collé à ses lèvres rouge sang, ou se perche, chancelante, sur les barrières de sécurité. La voix ne perd jamais de son assurance, même lorsqu’elle retrouve une tessiture normale pour raconter une première Route du Rock à l’âge de treize ans. Car si Jehnny Beth a un nom de scène à consonnance anglo-saxonnes, s’exprime majoritairement en anglais, et vit à Londres, elle est française et se prénomme Camille Berthomier. Comme leur nom de groupe ou leurs regards acérés le laissent à penser, Savages est brut, sauvage, violent. Un peu comme Soft Moon finalement. Le concert se termine sur l’excellent Don’t Let The Fucker Get You Down. Un beau mantra que l’on pourrait bien voir fleurir sur les bras de certains tatoués. 

3. Ty Segall kiffe Bordeaux

Malgré notre amour indéfectible pour tout ce que Ty Segall et sa bande comptent de projets, le concert de Fuzz nous a un peu déçu. Leurs visages  sont maquillés de façon grotesque (mais pourquoi donc ?!), Ty est à la batterie et ses deux guitaristes chevelus font dans le lourd, le heavy, malheureusement un peu trop répétitif et un peu trop gras. En backstage, Ty Segall arbore un t-shirt Betty Boop et un tatouage 33 sur le doigt. Un hommage à Bordeaux, dit-il, où est basé Buzz, boss de U-Turn, tourneur français du Californien, qui lui s’est fait tatouer “CA”. Pour parfaire le tout, Ty se descend du rouge bordelais à la bouteille, tout en tapant la discute à Cory Thomas Hanson, chanteur de Wand. Un autre groupe qui appartient à la bouillonnante scène garage-psyché californienne à découvrir sur scène à Rock en Seine.

4. Hinds crée la scission
Lorsque les conversations ne portent pas sur la météo, elles s’orientent généralement sur Hinds avec comme ligne directrice la question : “t’as pensé quoi de leur concert ?”. Les sceptiques soulignent leurs fausses notes, leur côté spot publicitaire pour Urban Outfitters, leur manque de technique, leur amateurisme. Pour nous le coup de coeur est total. Avec leurs morceaux à la fois pop, garage, gorgés de soleil et un peu bricolo, leurs sourires XXL, leur bonne humeur communicative, les quatre Madrilènes sont d’une fraicheur salvatrice. Mention spéciale à leur reprise de l’halluciné Davey Crockett de Thee Headcoats, groupe anglais des années 90 mené par Billy ChildishEt vivement le premier album.

5. Viet Cong perd son mojo, et Jimmy Whispers nous fait marrer

Programmée sur la deuxième petite scène du Fort Saint Père dimanche, la furie des Canadiens de Viet Cong perd de sa puissance en plein air et en plein jour. Les morceaux se suivent sans réelle énergie d’ensemble. Le final sur Death est malgré tout d’une force brute saisissante. Viet Cong joue sur la frustration, enchaînant les déflagrations et les silences, alternant moments de sauvagerie et de retenue, avec une belle dextérité. A l’inverse, l’après-midi même, Jimmy Whispers, étrange type débarqué de Chicago, bénéficiait du fait de jouer en plein soleil sur la plage de Saint-Malo, face à la mer et aux festivaliers en maillot. Car, malgré leur tendre maladresse, les morceaux contenus dans Summer in Pain,tiennent moyennement la route (du Rock, pardon). La voix est mal assurée, la musique un peu pauvre, les balades lo-fi enregistrées au smartphone se ressemblent. Mais, en jouant au dandy glam (pas très loin d’Ariel Pink), en se tortillant pour enlever son t-shirt, et en s’offrant un micro bain de foule, Whispers se révèle d’une nonchalance attachante.

6. Foals agace

Le monde se sépare en deux catégories : les fans de Foals et les autres. Ayant coupé les ponts temporellement parlant avec les années 2007-2008, on se situe plutôt du côté des autres, même si oui, c’est toujours rigolo de réécouter leurs vieux tubes. Ce sont d’ailleurs eux qui sauvent partiellement leur concert, à part ça bien trop lisse, quasiment taillé pour le stade, avec toutes les images effrayantes que cela implique. Pour leur défense: leur bassiste étant tombé malade, c’est leur backliner qui s’est chargé de le remplacer au pied levé, histoire d’éviter à La Route du Rock une deuxième annulation. Car, rappelons-le, Foals remplaçait Björk qui n’avait finalement plus envie de jouer son dernier album (elle y raconte sa rupture avec son mari).

https://instagram.com/p/6a3KfZuP2t/embed/captioned/?v=47. The Juan MacLean est un appel à la choré 

Impossible de rester statique devant The Juan MacLean, duo formé de Juan MacLean et de la chanteuse Nancy Whang, ex-membre de LCD Soundsystem, accompagnés sur scène de musiciens.  La totalité de leurs morceaux – savant mélange d’électro shootée à l’acide, de tonalités rock indé, et de disco-dance fofolle- donne envie de se lancer dans des chorégraphies plus ou moins audacieuses (selon la souplesse et le degré d’alcoolémie de chacun, hein). Certainement un des meilleurs concerts du festival, et une bonne raison de (ré)écouter leur dernier album, In A Dream, idéal en cas de déprime.

8. Ride, Oxford, 1990, le chapeau en plus

Sur scène, Ride ressemble plus à un vieux groupe FM qui se serait reformé par manque de thune, qu’à ce qu’ils sont en réalité. A savoir un groupe culte des nineties, ayant bercé plus d’une adolescence. Heureusement, l’affreux chapeau de Mark Gardener n’a pas esquinté le shoegaze de leurs débuts. Nous voilà propulsés (les yeux fermés) à Oxford, en 1990 donc. Et c’est plutôt cool.

9. Lindstrom > Daniel Avery

Si l’électro robotique de l’Anglais Daniel Avery nous vrille la tête sur album, elle nous laisse tout froid en live. Scénographie minimale, techno minimale, présence minimale : les beats s’enchainent et se ressemblent, monotones, abrutissants, sans âme. Le set du Norvégien Lindstrøm, qui suit et clôture la soirée du vendredi, n’en est que plus enthousiasmant. Ici, l’électro se fait disco et excitante, et en appelle à nos dernières forces pour nous faire danser encore un peu dans la fraicheur de la nuit bretonne.

10. Jungle clôture le festival 

Taillée pour la radio voire les rayonnages d’Urban Outfitters, la soul de Jungle dégage une chaleur moite, enveloppante, rassurante, peut-être un peu trop lissée par des heures de travail et de réflexions en studio, peut-être trop carrée, trop parfaite (n’est pas Dan Deacon qui veut), mais ultra efficace. Leurs tubes font l’effet de bombes pop pensées pour être reprises en choeur dans un mouvement communautaire légèrement hystérique.

https://instagram.com/p/6aGzlIOP2y/embed/captioned/?v=4Suivra une after au bar VIP marquée par la présence complètement zinzin de Flavien Berger derrière les platines. Avec ses yeux écarquillés, ses boucles folles et ses dents du bonheur, le jeune Français – qui donnait un concert sur la plage de Saint-Malo le samedi – donne le ton : l’ambiance est loufoque, et irréelle. Le voilà qui enchaine pop française et trap music avec une sérénité fascinante, à peine perturbée par trois jeunes femmes ayant décidé de se livrer à un numéro de strip tease devant nos yeux éberlués. Elles finiront donc seins nus et en culotte dans la nuit malouine. Zinzin on vous dit. Allez, à l’année prochaine.

Violée, étranglée, oubliée : Mia Zapata, l’inconnue grunge du club des 27

Retour sur la vie rageuse et la mort tragique de Mia Zapata, étoile filante méconnue de la scène grunge de Seattle. Et disparue dans d’atroces circonstances à l’âge de 27 ans.

Violée, assassinée et abandonnée sur un trottoir de Seatlle en juillet 1993,Mia Zapata est la chanteuse oubliée du club des 27. Avec son groupeThe Gits, formé à Yellow Springs dans l’Ohio en 1986, la jeune femme a pourtant participé à l’incroyable activité de la scène grunge du Nord-Ouest des Etats-Unis. Fan de Janis Joplin, Billie Holiday, Jimmy Reed et Sam Cooke la jeune Zapata aime aussi la culture punk et décide de rejoindre Seattle à la fin des années 80, attirée par la réputation grandissante de la scène locale. Son groupe la suit, elle trouve un boulot de serveuse dans un bar rock. Et la troupe emménage rapidement en colocation dans un immeuble désaffecté.

La poésie des paroles des Gits et la voix rauque de Mia attirent de plus en plus de public dans les concerts et le groupe commence à se faire un nom à Seattle. Frenching The Bully, leur premier album, sort en 1992 : une douzaine de morceaux nerveux dont la majorité ne dépasse pas les deux minutes trente.

Enrobé d’une basse chaude qui dicte souvent la cadence des compositions, le punk-rock tendu des Gits séduit Atlantic Records qui contacte les musiciens et leur propose un contrat. En juin, 1993, une tournée nationale est bookée, Mia se coupe les cheveux et commence à s’habiller à la manière des stars de l’époque qu’elle côtoie. Elle donne même des concerts solo jusqu’à Los Angeles mais garde la ville émeraude comme camp de base pour composer le deuxième album des Gits (Enter : The Conquering Chicken) qui ne sortira qu’à titre posthume.

La nuit du 7 juillet, la chanteuse de 27 ans quitte le Comet Tavern, un bar cool de Capitol Hill, quartier historique de la contre-culture de Seattle. Il est deux heures du matin. Elle décide de rendre une courte visite à un ami avant de prendre la route de la colocation. Sur les coups de trois heures et demie, son corps sans vie est retrouvé à quelques centaines de mètres, sur un trottoir du Central District. L’autopsie révèlera qu’elle a été violée avant d’être étranglée.

Choquée, par la mort de star montante dont elle était devenue une amie proche, Joan Jett écrit un morceau hommage en compagnie de Kathleen Hanna du groupe Bikini Kill. Elle monte même un groupe éphémère avec les survivants des Gits (Evil Stig, anagramme de « Gits Live ») pour récolter des fonds et payer les services d’un détective privé censé faire avancer l’enquête. Sans succès.

L’identité du meurtrier de Mia Zapata reste inconnue jusqu’en 2003 lorsque l’ADN de Jesus Mezquia, un Floridien de 48 ans arrêté pour un banal cambriolage, correspond à l’échantillon de salive retrouvé sur la scène du crime dix ans plus tôt à l’autre bout du pays. Il sera condamné à 36 ans de prison. L’histoire tragique de Mia Zapata donnera naissance à un documentaire (The Gits Movie) réalisé en 2005 et présenté au festival South By Southwest deux ans plus tard. Il est disponible sur YouTube en intégralité à cette adresse.

Source les inrocks

Pourquoi l’album posthume de Kurt Cobain n’est pas une si bonne nouvelle

Prévue pour le 6 novembre prochain, la sortie du “premier album solo” de Kurt Cobain s’inscrit dans une longue liste d’hommages posthumes. Mais l’idée sonne déjà comme l’écho pragmatique et contradictoire des idéaux qui habitaient le musicien à la fin de sa vie.

Brett Morgen, réalisateur du documentaire Cobain: Montage of Heck, l’a confirmé en fin de semaine dernière. Le premier album solo de Kurt Cobain sortira le 6 novembre prochain pour accompagner la commercialisation du film en DVD et en Blu-Ray. C’est donc au tour de l’ex-leader de Nirvana de mesurer, depuis l’au-delà, la toute-puissance quasi-christique de son œuvre immortelle. Mais à la différence des disques posthumes estampillés Hendrix, Joplin, Notorious B.I.G ou encore Tupac, le cas de cette résurrection par le disque pose un questionnement moral presque inédit. Peut-on décemment décider de prolonger l’œuvre d’un artiste disparu, alors qu’il a lui-même choisi de la suicider ?

Cobain sans Nirvana, une image fausse et illogique

Évidemment, le rapport délicat entretenu par les superstars du rock avec la célébrité, la drogue, la dépression ou la perte de contrôle de leur production artistique a souvent précipité l’anéantissement de carrières comètes. Kurt Cobain est loin d’être le seul chanteur suicidé. Et même si les inévitables théories du complot accompagnent parfois les souvenirs nostalgiques de Ian Curtis, Elliot Smith ou Donny Hattaway, leurs suicides respectifs interviennent fatalement comme une valeur marketing supplémentaire quand il s’agit de vendre leurs disques, en même temps que leurs morts. À cet effet, les affaires personnelles de Ian Curtis qui réapparaissent tous les deux ans sur eBay ou l’ancien appartement de Cobain disponible à 279 euros la nuit sur AirBnB assurent parfaitement le service au rayon “bonus morbides”.

Mais avec ce nouvel exemple d’hommage posthume présenté sans ambages par Brett Morgen comme “le premier solo de Kurt Cobain”conçu pour “vous sentir comme si vous étiez assis dans le salon de Kurt, à le regarder créer”, le sentiment de gêne s’habille d’un nouveau frisson. Principalement parce que la sortie du disque impose une image aussi puissante que fausse et illogique sur le plan artistique : Cobain, seul sur un album, sans Nirvana.

En dehors des démos primitives larguées par Fecal Matter dès le milieu des années 80, l’art de Kurt Cobain ne s’est exprimé qu’à travers les contradictions de son groupe anormal, à la fois prospère, mythique et radical. Une équation improbable qu’il n’hésitait pas à qualifier de“monstrueuse” dans un entretien accordé aux inRocKs en 1993 :

“Le groupe était devenu un monstre, nous ne le contrôlions plus. Soudain, les gens que nous détestions, ceux contre qui ce groupe s’était formé, se sont mis à acheter notre disque. Les gros bras, les machos, les chauffeurs routiers aimaient Nirvana. J’étais déboussolé… Mais Krist et Dave ont su me parler. Et j’ai rencontré Courtney. J’ai trouvé une femme que j’aime profondément, ce qui me paraissait totalement impossible il y a quelques années.”

Plus loin, dans la même interview,  Kurt Cobain prévenait que si Nirvana devait s’arrêter un jour, il n’y aurait sans doute pas de place pour un quelconque ailleurs artistique :

“C’est l’amour de la musique qui me donne la force de continuer. Rien d’autre. Mais je pourrais me barrer du jour au lendemain. J’ai assez d’argent pour disparaître sans laisser de trace.”

>> A lire aussi : Nirvana en 1993 “Le groupe est devenu un monstre”

Un an avant la mort de Kurt Cobain, la dissociation de Nirvana et de son ex-leader semblait ne pouvoir résulter que d’une situation extrême, d’une fuite définitive, irrévocable et sans appel. Plus de vingt ans après, l’illusion contraire n’est rendue possible qu’à la faveur de la découverte d’un stock d’archives audio au moment de la réalisation du documentaire Cobain: Montage of Heck. Pour Billboard, Brett Morgen explique s’être alors immergé dans plus de 200 heures d’enregistrements à travers les 107 cassettes audio découvertes au domicile de Cobain et mises à sa disposition par sa fille, Frances Bean.

“Il s’agit d’un portrait de Kurt beaucoup plus doux que ce à quoi on pourrait s’attendre. On se rend bien compte du bonheur que lui apportait son processus de création. Les textes sont riches et ludiques. Par moments, on imagine son sourire et sa chaleur les traverser. Les chansons ne sont pas vraiment terminées, il ne s’agit même pas de démos. Mais je pense qu’elles peuvent compléter notre compréhension de Kurt, aussi bien en tant que musicien qu’en tant qu’homme”.

Sans surprise, le disque inclura des enregistrements entendus dans le documentaire mais également des inédits ainsi qu’ “un sketch humoristique”. Quelques extraits ont déjà filtré sur Internet, renforçant la certitude que Cobain n’a jamais eu l’intention de publier en l’état ces morceaux de vie enregistrés à domicile. Pas plus qu’il n’avait imaginé s’afficher sur le bonus d’un Blu-Ray en 2015 pour désolidariser son image de celle de Nirvana.

>> A lire aussi : Violée, étranglée, oubliée : Mia Zapata, l’inconnue grunge du club des 27

C’est-là toute l’impudence de ce projet de disque posthume. En plus de dénaturer a posteriori le geste artistique d’un musicien idéaliste qui ne s’était exprimé qu’à travers les déséquilibres de Nirvana, le disque semble destiné à présenter la créativité de Kurt Cobain dans son plus simple appareil. Au mépris des obsessions de contrôle et d’indépendance du principal intéressé.

“Tout ce qu’il touchait ne se transformait pas directement en or”

Dans un article publié en réaction à l’annonce du projet, le très sérieuxGuardian se pose une question plus large en remettant en cause la nécessité d’entendre des albums posthumes, quels qu’en soient les auteurs. Dorian Lynskey, journaliste britannique spécialiste de la musique, y compare la situation de Kurt Cobain à celle d’Alaiyah dont l’album posthume pourrait également sortir avant la fin de l’année :

“J’aime Kurt Cobain et Aaliyah car ce sont deux artistes très minutieux qui réfléchissaient à tous les détails de leur musique. Ils faisaient très attention à la façon dont ils la présentaient à leur public. Surtout, ils étaient conscients que tout ce qu’ils touchaient ne se transformait pas directement en or. L’annonce de leurs albums respectifs a provoqué un certain malaise chez moi. En tant que fan, je suis évidemment curieux. Mais je ne peux m’empêcher de penser que Cobain n’a jamais souhaité que le monde entende ses petites séances de bricolages acoustiques ou ses tentatives de sketchs comiques.”

Les deux projets posent effectivement un cas de conscience similaire car aucun des deux artistes n’avait l’intention de publier les morceaux qui sortiront en 2015. Difficile d’imaginer des chutes de studios ou de vulgaires bricolages domestiques capables de soutenir la comparaison avec des œuvres aussi vivantes, précises et accomplies que celles de Kurt Cobain ou Aaliyah. Du classique From a Basement on the Hill,d’Elliott Smith au non moins vibrant Life After Death de Notorious B.I.G., l’écrasante majorité des albums posthumes que l’histoire retiendra a bénéficié de matériel déjà enregistré, sélectionné par les artistes eux–mêmes.

Depuis que Kurt Cobain a mis fin à ses jours – pour les moins religieux d’entre-vous, c’était en avril 1994 – Nirvana a certes sorti une demi-douzaine de disques. Essentiellement des lives et des compilations, parmi lesquels le mythique Unplugged in New-York (capté par MTV en novembre 1993 et sorti un an plus tard) ou encore le Live at Reading(enregistré en 1992 et finalement publié en 2009). Mais toute ces sorties prolongeaient l”aura de Cobain sans en modifier la nature. Car les morceaux étaient écrits et enregistrés pour être défendus et diffusés sous le nom de Nirvana.

L’idée d’un album solo impose une nouvelle dimension dans la carrière de Cobain. Pire, elle dénature son geste artistique car elle le positionne pour la première fois en tant qu’artiste solitaire. Un nouveau concept rendu possible grâce à l’accord du principal ayant-droit de l’ancienne rock-star : sa fille Frances Bean, qui a autorisé la sortie du documentaire et de l’album qui l’accompagne.

Quel cadre légal pour les albums posthumes ?

L’exemple de l’album posthume de Kurt Cobain relance le débat sur la responsabilité des héritiers dans les questions de propriété intellectuelle. Contacté par nos soins, l’avocat Pierre Lautier, spécialiste du droit de la création, note que la notion d’intention n’a aucune valeur en matière de succession dans pareil cas. Il n’y a donc aucune différence entre la commercialisation d’un enregistrement studio et celle d’une cassette oubliée, aussi intime soit-elle :

“C’est dans ce genre de situation que l’on se rend compte du pouvoir des ayant-droits. La conjointe survivante, Courtney Love en l’occurrence, a plutôt un droit d’usufruit patrimonial. Tandis que le descendant est investi d’un droit moral qui peut débloquer pas mal de situations, notamment dans le cas de l’utilisation de manuscrits ou d’enregistrements. Les ayant-droits disposent de prérogatives assez fortes sur l’utilisation du nom, de l’image ou de l’œuvre d’un artiste. Quand le journal intime de Kurt Cobain a été publié, le même cas de conscience s’est posé. Je ne pense pas qu’il aurait été d’accord. Malheureusement; on ne peut pas réveiller un mort pour lui demander son avis. Et si l’ayant-droit accepte un projet pour des motifs financiers, ou pour n’importe quelle autre raison, personne ne peut s’y opposer.”

kkkÀ travers les considérations pragmatiques liées aux droits de succession et à la propriété intellectuelle, s’insinue également la question du libre arbitre et du contrôle de la production d’un artiste. Une notion chère à Kurt Cobain et complètement bafouée par ce projet d’album qui consiste à exhiber des enregistrements personnels qui, comme les manuscrits et les dessins du journal intime publié en 2002, n’avaient certainement pas d’autre vocation que de rester enfouis.

S’il n’a pas forcément motivé le passage à l’acte de Kurt Cobain, le succès démesuré de Nirvana et les nouvelles considérations marketing auxquelles le groupe était confronté participaient forcément du mal-être de l’artiste au moment de son suicide. Avec ce “premier album solo” gadget présenté comme un vulgaire bonus marketing de l’édition DVD du documentaire, la production de Montage of Heck confère finalement une vertu prémonitoire à la fuite en avant d’un Cobain déstabilisé par le succès, aussi bien critique que commercial, de l’album In Utero.

Fantasmer Kurt Cobain sur un album solo revient donc à accentuer l’invariable ironie qui poursuit les carrières éternelles des légendes de la musique. Le chanteur n’a jamais décidé d’entamer une carrière personnelle, mais son premier disque sortira quand même, plus de vingt ans après sa disparition. Un album qui n’a pour l’instant pas de titre, pas plus qu’il n’a de raison d’être. Si ce n’est celle d’accompagner la sortie DVD d’un documentaire controversé. Et de retirer à l’icône du grunge l’ultime liberté de sa vie d’homme et d’artiste.

Par Azzedine Fall

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SOURCE AFP

Publié le 14/08/2015 à 11:46 | Le Point.fr
Prince au Stade de France, en 2011.
Prince au Stade de France, en 2011.©BERTRAND GUAY