Bertrand Cantat & Amor Fati : Ce qui est, est !

On ne fait pas une chronique du premier album solo de Bertrand Cantat à la va-vite. Sorti le 1er Décembre 2017 et très attendu par les fans (dont je fais partie, fallait-il le préciser ?) , on a toujours peur de détester ou d’adorer, surtout d’adorer, et pas de bol… on a adoré.  Après l’accueil réservée à l’interview des Inrocks, on constate que la musique est parfois prise en otage pour cibler l’auteur, très souvent, voire toujours, pour une chose qui n’a aucun rapport avec. Alors soyons concis, je parle de l’album Amor Fati, titre O combien si bien choisit, parce que le destin, il vaut mieux l’aimer et faire avec pour continuer à créer.
Pour ma part c’est la version vynil que j’ai achetée, un double 33 T simple et beau, illustré par les textes et le travail d’un graphiste qui les a écoutés. L’album surprend si on s’attendait à une « suite logique » de Détroit par exemple, ou encore de Noir Désir, mais il n’en est rien. Après les expériences chez Sophocle, les vols de nuit sur un Condor et les horizons de Détroit, l’homme sert un album grandiose, personnel, mais pour nous. On dépèce la bête, vite fait.
Amie nuit :
L’album débute avec un titre où les claviers ou autres moogs nappent l’air qui entoure le texte, à tomber, il se suffit à lui tout seul. Une de ces chansons qu’on a l’impression de connaître depuis des lustres. On aime penser qu’il a écrit ça dans les bras d’une muse habillée en nuit, avec Léo Ferré sur une photo jaunie trônant bizarrement là et faisant mine de le regarder, toujours encourageant. Ici on dénonce ses maux en poésie, on ne dort pas, la journée commence à minuit. L’insomnie vitale chez Cantat, obligée chez Bertrand, ça donne du lourd et j’ai franchement aimé direct, ce titre est dans mon top 3 de façon sûre. Il ouvre superbement l’album, la tracklist c’est important, on est saisit de plein fouet par la douceur du délire et l’impact des mots.
Amor Fati :
Pareil, et ce sera souvent sur quasi tout l’album, on reste sur  du minimaliste, un texte qui aurait pu être chanté ou écrit par Romain Humeau, anyway, l’âme bordelaise est là, à n’en point douter. Encore un texte magnifique, sa devise, Amor Fati en est le titre, pour appuyer l’amour obligé d’un destin qu’on ne choisit pas, son refrain « Ce Qui Est Est » , s’expose en lettres d’or comme un slogan indéniable, sur l’intérieur du sublime vynil.
Une dénonciation ironique, une réponse aux médias dédaigneux, aux individus qui auraient adoré avoir le même talent et qui se noient dans leur jalousie, leur incompréhension du phénomène, parce que Bertrand c’est un ovni, t’as pas encore compris ? Il n’en est pas à tergiverser, ce qui était avant était avant, ce qui est, est, et on y changera rien, alors fermez vos gueules et écoutez, on va vers un troisième titre, et puis le but de cette chronique est d’inciter certains à une écoute attentive, pas à révéler l’entièreté d’un album.
 Silicon Valley :
Le minimal est au maximum sur une intro où la voix de Bertrand susurre un texte qui nous rappelle Sa Majesté à Détroit. Si l’ironie a toujours été une arme, le talent de Cantat c’est d’être Cantat. Pour ceux qui connaissent Chœurs, on sent quelques ambiances, une façon de clamer, sophoclienne.
Pas besoin de s’énerver sur chaque titre, la force des mots propose un accompagnement qui peut se permettre d’être hypnotique, bruité, jamais trop chargé, justement. Alors la voix gravement basse, il enrobe, se love en circonvolutions, et libère un 3 ème texte à l’image de ce qu’il a écrit et continue d’écrire, juste et bien pesé, dénonciateur systématique et systémique. Heureusement,il y en a encore !
Excuse my French :
Là on retrouve une ambiance où Brigitte Fontaine serait à l’aise pour nager, tu parles. Faut oser balancer un texte comme ça, et il le fait avec brio. Bien entendu je ne vais pas être trop obljectif, trop fan, Excuse me frenchs… Mais encore une fois putain de choix de mots, des putains de dinosaures dansent sur des fûts écrasés en hurlant fuck à la gueule du temps perdu et se foutent de ceux qui passent la tête perdue dans les nuages toxiques. Enfin, c’est l’image que j’en ai eu, pas vous
?
L’Angleterre :
Le 1er single que l’on a pu entendre. Alors, soyons clairs une dernière fois, cette chronique n’est pas écrite pour être affublées de commentaires n’ayant rien à voir avec la musique. Il y a assez de cons comme ça, de gros soucis chez les distributeurs, les médias, chez ceux qui vendent, ou ne vendent pas justement, et peu importe, il n’y a rien à y faire, à part se procurer le disque via le site ou chez votre disquaire si il est pas trop con. Bref, ce titre avait été décrié, (je ne vois toujours pas pourquoi), une poésie qui dénonce les conséquences toujours politiques, les cartes, jouées ou pas et cachée dans l’outre-manche, ou chez nous, parce que des cons, il y en a partout.
J’attendrai :
Personnellement, un des titres qui m’a le plus étonné. Ambiance Amadou et Mariam qui peut laisser dubitatif à la première écoute, mais encore une fois, Bertrand te pond un texte juste sublissime, assume un chant ernestinien, (ah ben oui, c’est lui aussi qui avait pondu ce magnifique titre, je suis con !) Cantat dénonce et constate en servant une chanson où l’oreille se laisse bercer par la musique, mais se concentre sur la voix. Il surprend, il sait surprendre, il n’attend rien, il chante, et moi j’ai bien kiffé le délire. Une comptine entêtante, avec ce gout de paix, de sérénité dans la voix. Ouais, top.
Les pluies diluviennes :
Une guitare folk débute cette song, la voix est cohérente avec tout ce qu’on vient d’entendre mais ce titre a un truc en plus. Le refrain tu vas me dire ? Ouais copain. La classe, c’est de savoir écrire des phrases comme ça, qui disent tout en deux secondes. Le temps qu’il m’aura fallu pour être fan de cette putain de chanson ! Là, je n’en dis pas plus, sortez vos parapluies sans les ouvrir et baladez-vous dans le jardin, c’est la meilleure façon de l’écouter.
Anthracitéor :
Le deuxième single qui avait été dévoilé s’inscrit dans la même famille que tout, surprenant. Entre anthracite et or, un chant qui ose encore. En fait, je me dis que le maître mot c’est OSER. Oser être soi. On est entre la « lecture » (je parle de ce style musical CF Condor Live) et, là aussi c’est la classe à Dallas (non Détroit ça rimait pas). Pourquoi ? Parce que cette chanson, sur les 2 premiers tiers, si tu la fais chanter par un mec lambda et ben ça sonne variét’ direc’ mais là, écoute bien, c’est chiadé, torturé, noir et putain de beau. Dans la même veine, deux perfusions.
Chuis con :
Un de mes préférés. Ecrire c’est ça, je réitère mes affirmations, la plume est gigantesque, le style osé. Je parle souvent du style de cet album parce que quand tu fais un album sans penser une seconde à savoir comment plaire aux médias, tu ne fais surtout pas ça. Par contre, pour en foutre plein les yeux des oreilles à tous ceux qui t’aiment et t’écoutent mon Bertrand, c’est tout ce qu’il fallait faire. J’en ris parfois, la gueule des mecs qui cherchent à critiquer ces songs, faut du bagage et surtout une raison de le faire, là c’est beau, novateur, rock et cantesque, gicantesque !
Aujourd’hui :
Allez, on en remet une couche. Le feu des dissidents. Celui-là, il faut l’écouter à plusieurs, faut qu’on en parle, alors donnez vous rendez-vous mais ne vous rendez jamais.
Maybe I
Vous connaissiez ce titre. En effet, dans la BO du film « Les premiers les derniers » Cf Pascal Humbert. Un titre en anglais qui avait sa place dans cet album, ce petit bonus qui clôture Amor Fati est sympa à écouter, après, je préfère la teneur des autres titres, en français, parce que bon, il excelle dans l’écriture le garçon et qui plus outre, la syntaxe est son dada et la voix, son continent, alors merci pour tout ça Monsieur Cantat.
Les premières dates de tournée, livrées ci-dessous,  je suis impatient de revoir Bertrand sur scène aussi, en attendant, j’attendrai.
Walther Gallay 10.12.17
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Personal Circus of the Walth

Ami(e)s, visiteurs du hasard ,

Quelques news de mon travail perso, pour ceux qui me suivent. Je prépare l’album acoustique de reprises ¨#Personal Circus et le projet avance superbement. Je suis entouré des guitaristes Marion Gaillard (Café Bertrand) et Frederic Latarsa (il a joué sur mon alb solo Stigmates, sur Histoires de gamins, dans les écorchés notre tribute à noirdez,etc) , de mon acolyte de toujours, Alain Perusini (Café Bertrand) qui nous accueille dans les murs du Studio Le Garage et réalise outre les basses les enregitrements, puis les mixs et masterings. Il y a également des amis comme Jean Paul Avellaneda (Mercy) , bluesmen de folie et grand ami qui a jouer sur You got the silver de K.Richards. Vous avez ici une version jouée seul, bibi et ma gratte, c’est juste pour vous rappeler le titre ;). Interviendront aussi Michaël Borcard (Penfield, Projet XVII) et ses saxos magiques, Didier Duchène (Canap Acoustik et Diabloson) et son trombone. Pour finir, la batteur qui défend avec brio l’album Stigmates sur scène et réalise toutes les batts de cet album acoustique, François Merchie qui oeuvre avec plusieurs formations également.

L’album sortira en version digitale sur les plateformes habituelles, normalement le 9 Mars 2018, une date que j’affectionne pour les sories de mes album solos.

Extrait justement de mon album solo à venir prochainement, le titre que j’ai écrit en anglais « Sea of shoes », sur une musique de A.Perusini. Nous avions envie de proposer une song différente de ce que j’ai l’habitude de faire et les proches, souvent les plus critiques, ont validé, je souhaite un bel avenir à ce titre. Sortie le 15 Décembre 2018. Merci à mon ami Franck Stromme pour les images du teaser et la photo de la pochette.

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Il y a aussi le projet d’écriture. Celui de mon bouquin justement Histoires et Condiments, la vérité sur l’envers du décor, les anecdotes de 25 ans de route et des révélations à faire frémir une infra basse.

Avant cela, je vais mettre en musique un roman de René Fregni, auteur manosquin de renom et affublé d’un talent plus que certain ! Il me fait l’honneur d’accepter ma proposition, un album chapitré et en musique, voué à être déclamé sur les scènes de théâtres, accompagné de Alain Perusini à la basse et Marion Gaillard à la guitare, Michaël Borcard au saxophone. On ne change pas une équipe qui gagne !

Bonne écoute, et à bientôt !

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Walther Gallay / Marion Gaillard, Alain Perusini et Yuri Quintero. Photo Manon Raboud (c)

Café Bertrand prépare la tournée vouée à défendre l’album QU4TRE dès 2018. L’arrivée de la guitariste Marion Gaillard sert la formation en insufflant une féminité jamais vue encore au sein du groupe, une énergie et un sens de la scène indéniables, et bien sur le talent nécessaire pour entrer dans un groupe qui signe 25 ans d’existence ! Un défi de taille relevé sans soucis par la lyonnaise qui tient la barre du haut de ses 23 ans et vous donne rendez-vous avec les garçons sur scène, dès 2018 pour le Révolution Tour. le graphiste du groupe oeuvre sur les éléments de comm, affiches, flyers, fond de scène, merchandising.

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Commande QU4TRE ou les anciens albums, le best-of « 1992-2012 » , visite la boutique et offre du rock à Noël !!! C’est par là >>>> ou cliques sur la pochette.

Tu peux aussi trouver l’album sur DEEZER  ou  ITUNES

CafB s’est enfermé et continue encore, pour répéter ce nouveau show, mais aussi pour aboutir d’autres projets comme le tournage du clip de Alice (bonus track acoustique sur QU4TRE) qui a eu lieu dans les Alpes de Haute Provence à Manosque mi novembre 2017. La captation et le montage sont assurés par un ami du groupe, le rappeur Fredo bas-alpin (alias El Fredo).  Un clip que le groupe voulait vous offrir pour finir cette année en douceur, avant d’envoyer du lourd avec 2 clips supplémentaires qui seront tournés début Janvier. On sait que « les ogres de barbarie » feront partie du choix, quant au deuxième titre, il pourrait être La rage (la formation avait parlé d’un clip avec le boxeur Karim Guerfi, champion du monde IBO poids coqs, encore une fois, CafB cherche à ce que les forces vives locales œuvrent ensemble, ce pourrait être une vidéo géniale), dédicace aux conditions actuelles des groupes indépendants , leur relation avec les « major companies« 

Une amitié qui se signe aussi avec un featuring, sur une proposition du rappeur immédiatement acceptée par le groupe. Le titre « les mains dans l’encre » n’a aucun rapport avec CafB si ce n’est le clin d’oeil à l’album du même titre sorti en 2012 par les rockers. Un texte de Fredo donc, sur une musique arrangée et jouée par CafB.

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Photo extraite du clip à venir #Alice #Qu4tre -Photo Elfredo – Avec la jeune danseuse et comédienne Maoly Puget

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Photo Manon Raboud

Pour préparer sa tournée, le groupe va proposer une quête sur le site participatif Kiss Kiss Bank Bank, plateforme sur laquelle 153% des objectifs avaient été atteints en Avril 2016 pour la réalisation de l’album. Cela permettra au groupe d’accepter des dates dans sa tournée, qui ne pourraient être viables, le but est de tourner, une révolution ou deux et de venir dans des régions que le groupe n’a pas souvent revisité depuis les tournées  aux côtés de Deep Purple.

Lire la suite « Café Bertrand – Revolution Tour 2018 (#QU4TRE) news from Novembre »

A nos étoiles, rencontre avec Bertrand Cantat (Condor « live » de C.Ferey par B.Cantat)

 

J’avais déjà pu apprécier le projet sophocléen « Choeurs » en album, n’ayant jamais eu la chance de rejoindre le théâtre de Namur où Bertrand Cantat donnait plusieurs représentations en Mai 2014 et j’avoue être assez fan des talents d’adaptation et d’orateur du chanteur de Détroit qui là aussi, vous le savez, exhibe un homme nouveau, jamais pressé, prenant le temps de vivre la scène à plein poumons, les yeux rivés dans le talent et partageant tout avec son public. Cette énergie.

Le 25 Septembre dernier, j’avais mon billet pour la représentation de Condor « live », adaptation du polar de l’auteur émérite français Caryl Ferey. Ce dimanche je l’attendais avec impatience et le destin a voulu me filer un coup de main, ma bonne étoile va savoir, les copains aussi. 17 heures, je suis avec mon pote Sylvain,on s’apprête à rejoindre le théatre manosquin Jean Le Bleu où le spectacle est annoncé pour 18 heures quand fît irruption dans mon salon le tenancier du Kfe Quoi Bruno Lévi.

« Walth ! Bertrand a oublié son harmonica à Pau hier et là il est dans le jus, tu peux lui en prêter un ? Je te file le numéro de Maya (une amie commune) qui est déjà sur place ». Tu penses bien que ni une ni deux, je prends ma ceinture d’harmonicas, ne sachant quelle tonalité il devait avoir, dans le doute, j’ai donc tout prit et nous voilà partis à Manosque.

Arrivés sur place, énormément de gens sont déjà devant, un public représentant tous les âges, 700 personnes, 699 exactement, à une entrée près, c’était blindé 😉

Une sécu assez conséquente est à l’entrée. J’aperçois Maya et discute avec, arrive Stéphane Gondrand, régisseur du théâtre et ami depuis quelques années, il avait officié au son avec Café Bertrand. Bertrand n’est pas revenu de son hôtel m’informe-t-on et je donne donc ma ceinture d’harmonicas à Stephane qui va lui poser en loges. Sur le moment, je me suis dit que j’allais pas pouvoir le voir, ils allaient pas me la faire à l’envers quand même et puis, j’avais amené quelques vynils (très) collectors de Noir Désir (test-press 30 cm, 10 exemplaires en France, maxi 45t le vent nous portera avec moryin moryin en face B pour les connaisseurs, et un 45t promo de 89 avec les dates de la tournée dessus) et Détroit (album vynil des acoustiques), Choeurs, bref, de la pièce j’te dis !

Alors c’est tout cash que je dis à Stéphane de prévenir Bertrand que c’est moi qui ai amené ses putains d’harmonicas, il me connait, il connait mon groupe, on a quand même ouvert plusieurs fois pour Noir Désir à l’époque. Le tout accompagné d’un regard qui ne pouvait qu’appuyer la requête, il me promit de tout faire pour que je puisse le voir backstage, les visites en loges étant à la base interdites sur ce concert.

La salle est pleine, mon pote Sylvain est entré dès le départ nous réserver 5 places au deuxième rang. Mon ami et bassiste Alain Perusini arrive, accompagné de sa douce Sonia et une amie, Sandrine, qui nous accompagne également. On s’installe, je trépigne d’impatience. Je suis placé on ne peut mieux, au 1er siège de la 2eme rangée, je suis à trois mètres j’te dis !

Une silhouette arrive sur scène et le public acclame mais c’est l’auteur Caryl Ferey qui arrive « désolé pour vous, ce n’est pas Bertrand Cantat mais l’auteur de Condor »

La salle ressert une salve d’applaudissements nourris. Un humour évident, une simplicité flagrante, un talent indéniable, les 10 minutes passées à écouter cet auteur passèrent trop vite. Quelques explications sur le polar, le Chili, le colosse aux mains cassées, Condor, Ah oui, les remerciements en direct par l’auteur pour « le musicien qui est venu à l’arrache pour dépanner Bertrand d’un harmonica ». « Il est là!!! » hurlent de concert Sonia et Sandrine, on est repérés direct.

L’auteur se retire et la scène noire à peine éclairée de quelques lumières bleues accueille le trio Cantat, Sens à la guitare et Manusound aux machines et à la basse sur un titre ou deux.

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Le chanteur est un orateur. Une arrivée calme même si très applaudie, pas un mot, il s’assoit, une grande respiration, le spectacle commence.

Alors je ne vais aucunement décrire les chapitres déclamés et jetés à terre à chaque page par un Cantat grandiose, par ses musiciens magnifiques, des climats qui rappellent ces ambiances envoyées par Tessot-Gay à l’époque de Noir Désir parfois. Un archet de violon, une finesse dans le jeu et dans le choix du son, ce Monsieur Sens était au top ! Manusound aux machines assène des mouvements secs et rythmés à une souris qui n’avait rien demandé mais qui est quand même allé chercher des sons se mariant parfaitement avec ceux du guitariste, pari réussi, le climat était magique, enivrant, Cantat a encore été surprenant et le public ne s’y est pas trompé. À vous de le découvrir en live ce Condor, d’apprécier l’envergure de ses ailes déployées, à vous de le voir ce phœnix.

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Standing ovation après 1h00 et des brouettes de show. Le sourire s’imprime sur le visage du chanteur qui salue avec ses musiciens rejoints par l’auteur, tout un théâtre n’arrêtant pas d’applaudir.

La salle se vide petit à petit et nous sommes dans les derniers à sortir et je vois Stéphane Gondrand qui me dit « je viens te chercher dans quelques minutes ». Mon pote, notre amie et sa fille venue rejoindre sa darone en profitent, on passe derrière 5 minutes plus tard, et nous voilà dans le couloir des loges. Bertrand apparait.

 

-« salut Bertrand ! »

 

-« ah mais c’est toi qui a amené les harmos ?! Entrez je vous en prie ». Ouf, il a reconnu ma gueule, ma grande peur est toujours de passer pour un fan de base, trop envahissant mais qu’on doit quand même recevoir parce que. De plus, je n’amène jamais de disques à signer, je ne l’ai même pas fait en ouvrant 40 fois pour Deep Purple, mais là..

 

Un Bertrand toujours imposant de talent et de carcasse, un jour, un mec avait écrit de moi « un auteur à l’âme d’enfant étonné » et ben je trouve que cette phrase lui convient encore mieux. On a pu parler littérature et musique avec le temps nécessaire pour parler bien des choses. Mes amis mitraillaient discrètement, « avoir des photos avec nos deux chanteurs préférés c’est pas tous les jours ! » me diront-ils sur la route du retour.

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J’ai pu lui faire signer les vynils amenés sur place dans mon pitoyable sac plastique noir auchan et j’étais ravi de le voir étonné cet enfant, à me dire « putain mais même moi je les ai pas ceux-là, comment t’as pu trouver ça ??». J’ai immédiatement pensé à mon grand ami et producteur Michel Mage qui a pu m’avoir ce test-press de 66666667 club, ce 45 tours promo rouge, etc. « Bertrand, j’ai TOUT de Noir Désir, y compris le moindre article de presse depuis 87 donc tu penses bien que les albums, même introuvables, je les trouve ». Rires.

Après une belle discussion où lui-même répondit au régisseur du théâtre « non le café bertrand c’était le bar de flore à paris avant, le nom de leur groupe vient de là » , j’ai halluciné.

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Il prit en mains les deux albums de Café Bertrand « les airs empruntés » et « les mains dans l’encre » , en attendant l’arrivée du petit dernier « QU4TRE » (en cours aujourd’hui) et puis mon album solo « Stigmates »en me jurant de les écouter, tu penses bien que CafB en 1ere partie de Détroit ça pourrait le faire terrible ! » et ça mettrait fin à « ils ont la même voix », que dalle, et j’espère donc qu’on pourra le démontrer un jour en live. Qui vivra verra. Ça c’est fait !

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Le seul bémol à cette histoire est que Alain et Sonia qui étaient déjà partis au bar ont raté le coche sinon ils rentraient avec moi.. Ce n’est peut-être que partie remise !

En sortant, j’ai aussi acheté le bouquin de Caryl Ferey bien sûr, dédicacé par l’auteur « pour l’homme qui sauva l’homme qui… » , ainsi que « De Noir Désir à Bertrand Cantat » de Pierre Mikaelof , un ex Désaxés , écrivain et biographe, à lire absolument aussi.

Il est rare que j’écrive des billets comme celui-ci mais comme j’ai dit un jour à Paris à Bertrand alors qu’on se croisait après un concert à l’espace Jemmapes en 2011, si j’ai fait du rock En français c’est à cause de deux gars, lui et Hubert Félix Thiefaine. Chacun sa légende, la mienne était là à côté de chez moi et le destin a voulu que cette rencontre se fasse. Je me rappelle être allé me pieuter comme un môme de 12 ans, des étoiles plein les yeux. À nos étoiles.

 

Walther Gallay

 

Jim Morrison: le King Lezard était une bête de scène

Bête de sexe, bête de scène, jusqu’à devenir bête de foire… Sans l’aura animale de Jim Morrison, les Doors n’auraient sans doute jamais percé. A retrouver sur notre hors-série “Jim Morrison et les Doors, au-delà de la légende”

D’Iggy Pop à Patti Smith, de Ian Curtis à Bono, tous ont été impressionnés par ses performances scéniques. Et pour cause : dès les premiers live des Doors, en 1966, Morrison veut en faire des cérémonies. Il susurre, hurle, ferme les yeux, titube, s’écroule par terre, bondit dans tous les sens. Laissant libre cours à son impulsivité, il maîtrise cependant aussi son jeu de scène.

“Jim, le visage collé au micro qu’il tenait amoureusement de la main gauche, se couvrait l’oreille de la droite. Il avait la jambe droite en avant, le genou plié, le pied tenant le support du micro, la jambe gauche plantée au sol (…). Même les danseuses aux seins nus qui avaient vu n’importe qui faire n’importe quoi restaient assises, en transe”, témoignent Jerry Hopkins et Danny Sugerman dans Personne ne sortira d’ici vivant (1), parlant des concerts du Whisky a Go-Go.

Un chamane hypnotique

Tuniques indiennes, pantalons en cuir et cheveux longs : tel un Sioux, Morrison tourne en rond autour d’un feu imaginaire. Persuadé d’avoir en lui l’âme d’un Indien mort depuis ses 4 ans, Morrison se réinvente en Roi Lézard, auréolé de la richesse sonore de titres franchement expérimentaux comme The End ou Not to Touch the Earth. C’est lui qui, en se jetant dans le public et en se laissant porter par lui, initie le stage diving.

“Morrison, tel un chamane, embarque les gens dans un voyage mystique, à destination d’un sombre royaume psychique”, confiait Ray Manzarek à l’époque du premier album des Doors. “Lors des chansons, la foule était silencieuse car la voix de Jim avait un effet hypnotique qui la captivait”, se souvient le photographe Henry Diltz dans son livre Jim Morrison & the Doors (2). Cependant, cette capacité n’est pas innée. Lorsqu’il étudie la sociologie à la fac, Morrison est fasciné par les théories exposées dans Psychologie des foules (3) de Gustave Le Bon : “Je sais regarder une foule (…). Nous pouvons la soigner. Nous pouvons lui faire l’amour. Nous pouvons la changer en émeute”, confiait-il alors à ses camarades médusés, selon Sugerman et Hopkins.

En témoigne l’un des plus légendaires concerts des Doors, celui du Madison Square Garden en janvier 1969, où, comme l’explique Jean-Yves Reuzeau (4) en 2012, “le chanteur désigne une partie des spectateurs comme étant une force de vie, l’autre comme une force de mort, précisant qu’il se place entre les deux”.

Un air de tyran

“J’avais rencontré un Jim réservé, toujours souriant, sans force visible particulière, confie plus tard son amie Eva Gardoni Hormel à Frank Lisciandro dans Un festin entre amis (5). Puis je l’ai vu sur scène chanterLight My Fire et tous ses morceaux, et l’ascendant qu’il avait sur la foule était ahurissant. Je me souviens qu’il donnait des ordres à des milliers et des milliers de personnes. Elles se ruaient vers la scène, et il fouettait l’air avec son micro, comme un dompteur en leur criant : ‘Taisez-vous ! Assis !’Et tout le monde regagnait son siège, comme des toutous.”

Son agressivité latente et son tempérament de dominateur (y compris au sein de son propre groupe, qui ne pipe jamais mot durant les performances des Doors) le transforme, dès qu’il monte sur scène, en un tyran rockeur. Animé par une haine féroce envers l’establishment, Morrison chante des hymnes à la révolution comme Five to One, se glisse dans la peau d’un soldat du Vietnam avec The Unknown Soldier où, sur scène, il mime sa propre exécution. Ainsi, il répond violemment aux attentes d’une jeunesse qui refuse de servir de chair à canon.

“C’était une époque agitée, pleine de changements politiques, expliquait le modiste January Jansen, un ami de Morrison, à Lisciandro. Il se voyait parfois comme catalyseur de tout ça. Et après, il retournait la chose et se disait que c’était eux, les jeunes, qui étaient les catalyseurs, que c’était le public qui le poussait dans de nouvelles directions.”

En visionnant les rushes du documentaire des Doors Feast of Friends,Morrison va jusqu’à dire qu’il est dépossédé par son auditoire :

“J’ai soudain réalisé que je n’étais qu’une marionnette manipulée par toutes sortes de forces dont je n’avais qu’une vague notion”,déclare-t-il à Life en 1968.

Sensualité féline

Le nouveau sex-symbol depuis Elvis : c’est ce que clament tous les journaux en 1967, ravis de cet ange exterminateur venu faire hurler les filles et impressionner les garçons. “Nos concerts sont de la politique sexuelle, évoquant la symbiose sensuelle entre le groupe et son public de boule de feu”, prévient Morrison dans les premiers textes promotionnels des Doors. “Je n’ai jamais vu une sexualité aussi flagrante sur scène”,affirmait en 2002 Pamela Des Barres, qui en a pourtant vu d’autres.

Contrairement à un Mick Jagger tout en suggestion, Morrison exhibe une sexualité débridée, doublée d’une certaine sophistication gestuelle. A la fois sombre et lascif, il reproduit les postures savamment étudiées de la Marlene Dietrich de Sternberg. Morrison tire parti de sa beauté aussi bien sur scène qu’en ville. Ce que souligne la femme du manager des Doors, Sherry Siddons, avec Lisciandro : “Sa façon de marcher était incomparable (…). Il avait une élasticité naturelle, cette façon de garder les yeux mi-clos. Une dégaine méridionale, un glissement un peu félin.”

L’icône des sixties parisiennes Zouzou est plus directe lors d’une interview donnée à Rolling Stone en 2014 : pour elle, Jim était “une vraie beauté sur scène. Un chat.” Qui devient un matou irascible…

Le Roi Lézard n’est plus

C’est avec The End que Morrison débute une longue série de provocations. En 1966 (et encore aujourd’hui), il n’est pas de bon ton de hurler dans son micro que l’on va tuer papa et baiser maman. Par la suite, il truffe ses interventions de remarques graveleuses, de gestuelles plus qu’équivoques et insulte plusieurs fois des policiers. Pas très malin face à un public au bord de l’émeute, échaudé après des heures d’attente… Ses retards, ses hurlements d’ivrogne et ses chutes impromptues font, bientôt, partie du rock’n’roll circus des Doors.

On ne va plus le voir pour son allure gracieuse, désormais effacée derrière des kilos alcoolisés, mais pour assister à un dérapage. Lors du tristement célèbre concert de Miami, le 1er mars 1969, Morrison lance d’ailleurs à la foule :

“Vous n’êtes pas venus simplement écouter de la musique, non ? (…) Vous êtes venus au cirque !”

Il dira plus tard que tous, du public aux journalistes en passant par les autorités, veulent le voir mourir sur scène. Le 12 décembre 1970, lors du dernier concert des Doors avec Morrison à La Nouvelle-Orléans, celui-ci s’écroule au bout de quatre titres sur la batterie de Densmore.

When the Music’s Over…

Si, en juillet 1970, la sortie d’Absolutely Live (nourri de plusieurs enregistrements de concerts, dont l’impressionnant The Celebration of the Lizard du 21 juillet 1969 à l’Aquarius Theatre d’Hollywood) démontre toute l’alchimie scénique des Doors, le Roi Lézard est devenu Jimbo, une “parodie de lui-même” selon les termes de la revue Post-Intelligencer – laissant son charisme au fond des bouteilles de whisky.

 

par pour les inrocks

David Bowie: un album posthume et une comédie musicale

Les hommages au Thin White Duke se multiplient mais ne se ressemblent pas…

Morceaux inédits, films-hommages, enregistrements inaboutis dévoilés… Les sorties post-mortem d’artistes sont devenues avec le temps monnaie courant. De Kurt Cobain à John Lennon en passant par Amy Winehouse, les hommages posthumes se sont multipliés, qu’ils soient légaux ou non (on se rappelle des différends entre le père d’Amy Winehouse et Asif Kapadia, réalisateur du documentaire sur la vie de la chanteuse. Le premier désapprouvait totalement ladite oeuvre du second, la jugeant fallacieuse).

Aujourd’hui, c’est au tour de Bowie de connaître le même sort : quelques mois après la mort de l’icône glam-rock, on apprend la sortie d’un album posthume, mais également l’arrivée en Europe d’une comédie musicale. Explications.

Une comédie musicale à Londres à la rentrée prochaine

Ayant rencontré un franc succès à New York, la comédie musicaleLazarus (du nom de l’un des derniers singles du chanteur) s’exportera dès le mois d’octobre prochain à Londres. Inspirée de L’homme qui venait d’ailleursfilm dont le chanteur était déjà le héros en 1976, et agrémentée par les chansons de Bowie, la pièce s’est jouée quasiment à guichets fermés à chacune de ses représentations américaines. Avec en prime Michael C. Hall (Dexter, Six Feet Under) dans le rôle principal, on est presque sûrs que Lazarus connaîtra le même sort en Angleterre, et l’on espère grandement une exportation en France par la suite.

The Gouster, l’album-posthume surprise

Dans ce genre de situation, il y a souvent deux écoles qui divergent fort sur la question. Les uns se réjouiront d’entendre les créations de leur feu artiste favori, tandis que les autres se révolteront d’une telle sortie, criant au non-respect de l’artiste et accusant ses proches ou son entourage musical d’un business peu scrupuleux.

Du côté de David Bowie, c’est son label Parlophone qui a annoncé la nouvelle via Facebook, promettant un nouvel album comportant pas moins de sept titres inédits. Accompagné de photos, elles aussi inédites bien sûr, de l’artiste prises lors de sessions d’enregistrement dans les années 70, The Gouster sera notamment introduit par une toute nouvelle version du titre John, I’m Only Dancing, tube phare du chanteur sorti en 1972.

S’il est clair que David Bowie avait visiblement tiré lui-même sa révérence avec Blackstar en janvier dernier (il y racontait notamment dansLazarus“Look up here, I’m in heaven” (“Regarde en haut, je suis au paradis”), se sachant condamné par un dévastateur cancer), ce genre de réédition quelle que soit ses motivations fait perdurer le mythe du chanteur aux mille visages, et complète une collection d’œuvres magistrale.

 

source Ana Benabs – les inrocks