Un festival organisé en hommage à une des victimes du Bataclan

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Le festival Les Bouffardises réunira 6 groupes et 2 DJs ; il aura lieu le 2 juillet en Dordogne.

La première édition du festival Les Bouffardises a été organisé en hommage à un jeune homme victime des attentats du 13 novembre 2015, Maxime Bouffard (dont vous pouvez lire le portrait sur le site Le Monde). Pour l’occasion, 6 groupes et 2 DJ ont été invités à monter sur les scènes du Coux-et-Bigaroque, le village natal du jeune garçon. On comptera notamment, entre autres, les présences de Sarah W Papsun, The Dedicated Nothing et Blackbird Hill.

D’un point de vue purement pratique, des navettes seront affrétées afin de mener les festivaliers de la gare du Buisson au lieu où se dérouleront les concerts. Vous pouvez retrouver plus d’informations sur l’événement Facebook dédié au festival, qui se tiendra le 2 juillet.

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La programmation de Coachella 2016, enfin dévoilée

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Et comme d’habitude, elle est monstrueuse.

Après l’annonce, par des moyens détournés, des reformations événements de LCD Soundsystem et Guns N’ Roses, Coachella confirme le retour des deux groupes mythiques en dévoilant la totalité de sa programmation 2016. Du 15 au 17 puis du 22 au 24 avril prochains à Indio (le festival californien se déroule sur deux week ends consécutifs depuis quelques années), les chanceux sur place pourront profiter de M83, Foals, Christine And The Queens, Disclosure, Nina Kraviz, Major Lazer, A$AP Rocky, Grimes, The Last Shadow Puppets, Flume ou encore Beach House, parmi d’autres grands noms.

Côté révélations récentes, on pourra compter sur les prestations de Courtney Barnett, Bob Moses, Lapsley, Mbongwana Star, Sophie, Algiers, Claptone… Mais le mieux est encore de s’abimer les yeux en fouillant sur l’affiche, dont la composition bordélique est désormais bien connue (voir plus bas)

 

Et pour ceux que ça intéresse plus en détail, les infos sur les pass se trouvent sur le site de Coachella.

Source Les Inrocks par par

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BAZR Festival: teaser et programmation d’un festival dédié aux arts

Entre concerts, dj sets, expositions et vernissages, le BAZR Festival animera la période de l’Avant à Sète du 10 au 13 décembre prochain.

Organisé par le collectif Unaenime, le BAZR Festival se tiendra du 10 au 13 décembre à Sète. Un évènement qui met en avant autant l’electro que la pop, le rock que la techno. À l’affiche, de nombreux artistes tels que Linstrøm, Minuit, Pional, Zombie Zombie ou encore Etienne Jaumet en dj set.

Outre les concerts, le BAZR prêtera également le terrain à une grande exposition, baptisée Cambriolage qui rassemblera une cinquantaine d’artistes et éditeurs internationaux parmi lesquels Morgan Navarro, Atelier Bingo, Yuichi Yokoyama, Asso L’Articho & Les Requins Marteaux Éditions. Du dessin contemporain à la micro édition, de la bande-dessinée à la photographie ou les arts contemporains et décoratifs, ce vernissage se consacrera au multiple et à l’édition, soit les types de productions économiques de l’art.

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Romain et Florent Bodart, la fraternité musicale
Rencontre avec deux frères autodidactes, dont les compositions électroniques ont su émouvoir le jury Audi talents awards dans la catégorie Musique à l’image.
en partenariat avec Audi talent awards

Toutes les infos sont à retrouver sur le site du festival.

Source LES INROCKS par

Festival Levitation : où en est la scène garage psyché en France ?

Responsable de la structure Austin Angers Creative qui a importé le festival Levitation à Angers, Germain Kpakou nous parle de la troisième édition d’un festival qui met en avant la scène psyché et garage d’aujourd’hui. Rencontre.

A quelques jours de la nouvelle édition du festival Levitation à Angers, il était nécessaire de faire un point sur son histoire, ses nouveautés et son lien avec la référence en matière de festival garage et psyché : l’Austin Psych Fest. Rencontre avec Germain Kpakou, l’un des principaux acteurs du bon fonctionnement de ce jumelage musical.

Comment s’est déroulée la création du Levitation à Angers ?

Germain Kpakou : Ca fait maintenant quatre ans que la ville d’Angers est jumelée avec Austin, ce qui a donné lieu à plusieurs échanges et allers retours. Quelques Angevins sont partis à Austin pour divers évènements. Le premier axe de ce jumelage, c’était la musique. Il y a eu la rencontre entre le producteur des Black Angels, Doudou (Christophe Doudou Davy, qui est Angevin) et le groupe même à Austin, et l’idée est née de cette façon. C’est comme ça que l’Austin Psych Fest, qui existe depuis une dizaine d’années à Austin, a été importé à Angers il y a maintenant trois ans, et est devenu depuis peu le Levitation dans les murs du Chabada, notre salle de concert.

Pourquoi ce changement de nom ?

Pour plusieurs raisons : d’abord pour unifier le terme car il y a plusieurs Psych Fest à travers le monde (Australie, Chicago etc) donc c’était pour sortir de cette mode. C’est aussi pour mettre une marque  sur le festival car l’Austin Psych Fest est le premier à avoir lancé ce mouvement.

Le teaser de l’édition 2015

Après Austin Angers Music, on retrouve cette année Austin Angers Cinema, Austin Angers Food & Wine, Austin Angers Tech. Tu peux nous en dire plus ?

Tout est regroupé sous une même étiquette qui s’appelle Austin Angers Creative qui est une entité gérant la relation entre les deux villes d’un point de vue créatif (tout ce qui va être industrie culturelle et créative). Ces noms représentent donc les sujets traités par le jumelage, qui seront au cœur du festival. D’autres viendront un peu plus tard…

D’ailleurs, le Levitation en est à sa troisième édition. Vos attentes ont évolué avec le temps ?

La première année, on attendait de voir comment les gens allaient réagir. On a constaté que ce festival drainait un public assez peu local, c’est-à-dire que les gens venaient à Angers spécialement pour le festival. On espérait également que ça soit complet, et que bien entendu tout se passe bien. La deuxième année, on se demandait surtout si le public allait se renouveler, si l’on pouvait pérenniser ce festival. Lorsque l’on a constaté que l’on était complet plus rapidement, et qu’il y avait plus de monde qu’à la première, ça a été satisfaisant. Maintenant, l’enjeu est de savoir si c’est un évènement qui va durer ou non. Visiblement, il semblerait que oui.

La playlist réalisée pour le festival par Anton Newcombe

Qui vient au Levitation ? Il y a un public type pour le festival ?

Non il n’y a pas vraiment de public type. Pour les Angevins, c’est quand même plus simple car ils sont à côté. Ensuite, il y a deux versions de gens qui viennent de plus loin : ceux qui sont là uniquement pour la programmation? donc les férus du psyché qui veulent voir tous les groupes en même temps. Et ceux qui viennent pour l’expérience, pour le moment, pour vivre un festival dans cette ville qui est plutôt cool.

Cette année il y a une grande nouveauté : la Austin Week. Pouvez-vous expliquer ce que c’est en quelques mots ?

Grâce au jumelage, beaucoup d’Angevins sont allés à Austin ces quatre dernières années mais ils ont ramené peu de contenu. Austin Week est né sur de ce constat. On voulait ramener ce contenu afin de montrer aux personnes qui n’avaient pas fait le déplacement de quoi était fait ce jumelage. On a donc fait une sélection de sujets emblématiques d’Austin, à savoir la musique, la cuisine, les nouvelles technologies, mais aussi le tatouage, le yoga et le ciné. On a construit des contenus autour de ces sujets avec des invités d’Austin qui viennent présenter leur métier. Il sosnt une quinzaine et seront présents pendant une semaine (la semaine précédant le Levitation, du 15 au 20septembre). Les deux chefs intervenants vont cuisiner pour les festivaliers de Levitation et il y aura aussi des séances de yoga au cœur de la ville et des séances de tatouage.

Comment se passe l’échange entre Austin et Angers ? Quel rôle le festival grand frère joue-t-il ?

C’est une seule et même marque. L’équipe d’Austin la détient, nous l’exploitons à Angers, mais l’univers artistique, la programmation, le web sont intégralement construits par les gens d’Austin donc c’est plutôt un clone qu’un grand frère, schématiquement. En agençant tout ça à Angers, le festival garde cette authenticité qui fait de lui non pas une copie ni un grand frère, mais une réplique.

The Melvins, Melody’s Echo Chamber, Wand… Et de l’autre côté de plus jeunes groupes comme The Blind Suns ou The Dead Mantra. Comment réalisez-vous la programmation ? Comment rencontrez-vous ces jeunes groupes ?

La programmation est faite de concert entre Rob, qui s‘occupe de la programmation d’Austin, Doudou et divers agents européens qui ont des groupes à disposition. Pour les jeunes découvertes, c’est à l’opportunité,  au hasard. En août dernier, le chanteur des Black Angels a rencontré un groupe sur la route l’a aimé puis l’a tout simplement suggéré. Sinon pour certains groupes, ils sont de chez nous et on les connaît sur scène.

Où en est la scène garage et psyché en France justement ?

Le terme psyché a été très utilisé par beaucoup de groupes. Avec les gens de Levitation à Austin, on a appris qu’il y avait une définition très large du mot psyché. On a découvert que ça englobait tout un univers artistique aussi bien musical que visuel et gastronomique, donc je dirais plus que l’avenir de la musique psyché en France tend vers l’ouverture de ce terme, avec un regard moins resserré sur le mot et plus focalisé sur la musique.

Des structures sont-elles consacrées à cette scène aujourd’hui ?

Bien sûr ! Certains font ça depuis toujours, avant même que l’on s’intéresse au mot psyché. L’agence Julie Tippex par exemple. Ce sont des gens comme ça qui ont un regard, une acuité, des structures solides présentes depuis longtemps. Toutes les scènes ont leur coup de projecteur à un moment donné et aujourd’hui, je pense que cette scène est mise en lumière.

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Comment sont perçus  les groupes psychés français à l’étranger ?

On programme des groupes français donc ils sont forcément écoutés à Austin et ça leur donne une belle visibilité. L’an dernier, au Levitation d’Austin, il y avait La Femme et Zombie Zombie. Le regard est plutôt positif, ils apprécient ce que les Français font, il y a un vrai engouement. Sans vouloir m’avancer, il y a des chances pour que l’on retrouve des groupes du Levitation angevin à Austin l’an prochain.

Un très bon souvenir du festival ? Un très mauvais ?

La première année, quand Alex des Black Angels est venu à Angers, il a visité la ville et c’était un bon souvenir parce que c’était la rencontre, le début de l’aventure. Ils ont été très touchés par Angers, il a halluciné sur la cuisine, le vin, le patrimoine etc.. Et lorsqu’il a visité les Tapisseries de l’Apocalypse (NDLR – Les Tapisseries de l’Apocalypse ou Apocalypse d’Angers est une représentations médiévale de l’Apocalypse de Jean), il a dit que le psychédélisme était né avec cette œuvre. Ça, c’est un super souvenir. Pour ce qui est du mauvais souvenir, nous n’en avons pas encore eu, on les redoute mais pour l’instant ça va.

Aujourd’hui, organiser un festival si spécifique dans une petite ville n’est-il pas trop difficile avec l’apparition chaque année de nouveaux événements musicaux ?

C’est aussi pour ça qu’on a élargi le spectre avec la Austin Week. Levitation à Angers, c’est l’unique branche de Levitation US en Europe donc ça rend les choses plus simples, il y a une forme d’exclusivité. Ce qui est intéressant, c’est la relation qu’Austin et Angers entretiennent : le fait que tous ces gens viennent faire découvrir cette partie du Texas dans une petite ville française, c’est assez unique.

Donc la Austin Week permet de découvrir Austin sans avoir à voyager ?

C’est exactement ça : pendant une semaine, Austin est à Angers et il n’y a pas besoin de prendre l’avion pour s’y rendre.

Le festival Levitation aura lieu à Angers les 18 et 19 septembre prochains.

Plongée dans le Sziget, le Saint Graal du festivalier européen

Successeur à son propre titre de « meilleur festival Européen » en 2015, le Sziget de Budapest vient de battre un nouveau record avec 441 000 participants venus du monde entier. Si le line-up a tôt fait de convaincre ces derniers, on vous explique pourquoi le vrai challenge se situe ailleurs.

A défaut d’avoir un Burning Man en ses terres, l’Europe oppose depuis désormais 23 ans un concurrent sérieux au fameux festival américain. Situé sur l’île d’Obuda, au cœur du pays des Magyars, le festival Szigetdevient chaque été durant 7 jours un rendez-vous incontournable pour les festivaliers marathoniens. Moins sauvage et colonisé par les drogues queDour, mais bien plus festif, diversifié et mieux organisé que la plupart des festivals du vieux Continent, le Sziget a explosé cette année des records de fréquentation, avec 441 000 festivaliers venus de 89 pays pour profiter du spectacle du 10 au 17 août. Autre preuve de son attractivité : 90 % des billets ont été vendus hors de la Hongrie. En outre, le retour de l’Arena et l’agrandissement des deux scènes principales (Main Stage et A38) ont favorisé le succès titanesque de cette édition.

En arrivant au Sziget, c’est cette impression d’abondance et de grandeur qui prend aux tripes le festivalier non-initié. Qu’il s’agisse des bars, des scènes (une soixantaine au total), ou du nombre de drapeaux bretons éparpillés, tout atteint un chiffre démesuré. Les points forts du Sziget frappent vite celui ou celle qui n’a jamais mis les pieds ici: les paiements se font sans la moindre monnaie, grâce à une carte ou une montre rechargeable (ce système arrive bientôt en France); les activités extra-musicales font florès (plage, cirque, théâtre, village sportif, saut à l’élastique, “Art zone” pour donner vie à des structures originales, un club LGBT…) et la propreté du festival – comparativement à sa taille – pourrait faire pâlir d’envie bien d’autres organisateurs.

Le Luminarium, pour chiller sous des lumières psychés (Anne Donadini)

Pourtant, jamais le Sziget n’aura connu un soir d’ouverture si mouvementé. Après la prestation honorable du groupe hip-hop hongroisIrie Maffia, la venue de Robbie Williams crée des vagues de panique et des malaises, avec 75 000 groupies réunies devant le Main stage.

Sueur, trans et acide lysergique

Le mardi, 40°C de soleil furieux tapent dur sur la verdure et le bitume. L’atmosphère est exaltée mais, bientôt, le record de poussière générée donne l’impression d’avoir intégré la fournaise de Mad Max. Avec en prime le guitariste survolté: ce jour-là, les musiciens ska de Babylon Circus, complices, énergiques et extrêmement fédérateurs délivrent l’une des meilleures prestations offertes par un groupe français au Sziget.

szigetfestival.com/Sandor Csudai

Selah Sue, en revanche, nous déçoit par sa sono mal réglée, qui peine à mettre en avant sa voix rauque et la Télécaster rubiconde de son guitariste. This World et Alone sortent du lot sans pour autant enchanter. La voix de la belle rousse Florence Welch, de Florence + The Machine, combat mieux les étapes de la poussière et de la surpopulation, devant un parterre de drapeaux britanniques. C’est entre 1h du matin, après la soul très cool, humide et chaude de Jungle, et 3h, lorsque s’éteint la trans brutale et magistrale d’Infected Mushroom, que l’on croise la route des premiers verres de palinka, eau-de-vie familière aux Hongrois, qui n’apporte qu’une dérouillée conséquente aux étrangers qui ne l’ont pas apprivoisée. Pour beaucoup, la nuit s’arrête ici.

photo: [ Sandor Csudai ] . www.facebook.com/csudaisandor

Mercredi, 8h du matin. C’est quand tapent les premières basses de Radio Kebab, le traiteur accolé au camping qui se prend pour un soundsystem (et recommencera tous les matins), que se corse le parcours initiatique du débutant du Sziget. On se dit qu’on ne tiendra pas la semaine. Les premières entorses, fractures et minerves trainent leurs carcasses dans le camping. Les festivaliers alchimistes cuvent leurs remontées d’acides. Pour ceux qui préfèrent à ces dernières de bons psychotropes musicaux,Alt-J et Tyler the Creator prennent parfaitement le relais. Vaporeux, léger, lascif et charnel, le premier confirme la maturité de son second album (Every over freckle, Left hand Free). Le show du rappeur alternatif de Californie est, quant à lui, visuellement et musicalement délirant. Les hallucinations aériennes derrière la scène se délitent et s’emmêlent, comme pour doper ce concert au valium, et conforter le leader d’Odd Future dans son travail anticonformiste.

szigetfestival.com/Benedek Varga

Pussy Riot, thermes et asthénie

Le jeudi, le soleil a fait la peau de beaucoup de festivaliers (“La nuit, c’est cool, y a de l’ombre dans ma tente” confie l’un, “Je suis au soleil toute la journée, même la nuit” transpire un autre). Les indiens-kinés du camping sauvent les dos endoloris en chantant des chansons paillardes, les Pussy Riot viennent discuter liberté au Sziget, et ceux qui veulent cesser de respirer des cendres font un tour vital aux thermes de Budapest. Nous, on se dit que même avec une programmation très maintstream, le simple climat du Sziget vaut le détour. “Les gens ne viennent pas que pour le line-up, qui sont les mêmes dans beaucoup de festivals, mais surtout pour l’ambiance. On leur doit d’avoir quelque chose en plus” confie le fondateur du festival, Károly Gerendai. Au sujet de la liberté de la presse si peu chère au président hongrois Viktor Orban, il rétorque qu’il voit le Sziget comme une “république indépendante qui possède ses propres codes”.

“A notre échelle, nous faisons en sorte que la situation ici soit différente de celle du pays. Nous nous détachons des valeurs du gouvernement. Et celui-ci n’entrave pas le festival, en raison des retombées économiques et de la notoriété que nous apportons à la Hongrie.”

La plage aux airs de Full Moon Party (Szigetfestival.com/Gabor Mozsi)

Ce jour-là, entre un stormtrooper couvert d’un drapeau breton et un homme-lapin qui fait du stretching sous LSD, les festivités reprennent avec Balthazar, talentueux quintet belge auteur d’un rock candide et orchestral, suivi de , la petite protégée de Diplo, qui fêtait ses 27 ans et à laquelle on assigne une mention bien pour son live pêchu et ruisselant de sueur, mené de main de maitre grâce à une voix pop gracile et rare. A sa suite, les Ting Tings ravissent le public avec un live bien plus électro que par le passé tandis qu’Interpol assouvit les fans de rock indé US.

Balthazar (Anne Donadini)

La Color Party (Anne Donadini)

Peinturluré par une Color Party qu’aurait déconseillé tout bon cancérologue, on assiste le vendredi aux meilleures prestations de cette cuvée 2015, Kasabian et Gramatik en tête. Carton plein pour le quatuor de rock indé anglais qui, non content de placer haut la barre avec Shoot the Runner en début de show, complète son live de très bonnes reprises (Praise You de Fatboy Slim, Word Up de Cameo…) et augmente progressivement en intensité. Preuve s’il en est que feu Oasis possède depuis longtemps un héritier légitime. Quant à Gramatik,  le DJ slovène a immédiatement conquis un public majoritairement français, suffoquant sous la chaleur et la MD. A l’inverse, le groupe de punk celtique Dropkick Murphys remporte, lui, la palme de la sono la plus désastreuse. Absolument inaudibles du début à la fin, les musiciens et le chanteur peuvent remercier leur public de groupies mâles testostéronées, qui pogotaient sans oublier la moindre parole.

La Bubble Party (Anne Donadini)

Du porno, des pogos, de la pluie

Les deux derniers jours sont un véritable challenge, mais aussi la preuve qu’un festivalier voulant bien faire les choses doit essayer le Sziget au moins une fois dans sa vie, juste pour tester sa capacité de résistance. Le vendredi soir, le collectif ragga-électro Major Lazer fédère un public increvable, bien que parsemé de quelques éclopés, avec des effets visuels cartoonesques parfois pornos, fidèles à ses clips. Il fait la part belle à avec Lean on Me avant que Diplo, enfermé dans une bulle géante, ne se jette et court au milieu d’une foule survoltée. A minuit, le même engouement tient en haleine le public du Colosseum, scène de l’électro minimale, lorsque Vitalic se place derrière les platines. Tout s’enchaine très vite. Les verres pleins tombent à terre, Stamina, Second Lives, Poison Lips et La mort sur le Dancefloor se succèdent, une baston démarre, tous en redemandent. Une heure de set du DJ français aura suffi pour que l’on soit à bout de forces. Avec 13 heures de sommeil en six jours, difficile de tenir le cap au-delà de 5 heures du matin.

Le show de clôture, entre 21h30 et minuit, le dimanche (Anne Donadini)

Le dernier jour, l’île d’Obuda essuie les dégâts d’un orage nocturne. Des béquilles, des matelas détrempés et des ponchos robotiques se meuvent dans la boue. On se sent un peu misérables, mais toujours vivants, avec une capacité pulmonaire divisée par deux. La clôture n’en est pas moins spectaculaire grâce à Limp Bizkit (“en cinq ans de Sziget, je n’ai jamais connu un concert aussi violent“, dixit un rescapé), qui reprend Up in Herede DMX et Killing in the Name of de RATM. Mention Très Bien au garçon inventif qui a confondu la formation d’un cercle pit avec un emplacement idéal pour ouvrir sa tente 2 secondes. Martin Garrix précède le show final coloré de feux d’artifices. On passe la main pour C2C, qui clôt définitivement le festival, parce qu’il faut bien qu’on trouve de la place pour dormir dans l’aéroport et que l’orage reprend de plus belle. Un peu comme le Graal d’un certain film, le Sziget demande à passer pléthore d’épreuves pour en être digne, mais la fierté de le posséder enfin compense tout. Il est facile à reconnaître : c’est le plus poussiéreux.

La Route du Rock 2015 : ceux qu’il ne fallait pas louper

De la bonne surprise Hinds à la claque de Soft Moon, des charismatiques Savages aux agaçants Foals : on vous raconte notre week-end à La Route du Rock.

1. Soft Moon : le meilleur concert du week-end

Il y a des éditions de La Route du Rock qui s’écoulent sans faire de vagues, et il y en a d’autres que l’on vit en sachant pertinemment qu’elles resteront gravées dans nos esprits, tout embrumés soient-ils. Ce fut le cas de cette 25e édition ensoleillée, dont le climax fut atteint le samedi soir aux alentours de 21h sur la grande scène du Fort Saint-Père. C’est là que Soft Moon, alias Luiz Vasquez, encadré de son bassiste et de son batteur, est venu présenter son troisième album, le bien nommé Deeper. La réverb’ règne, conférant aux morceaux hystérisés par des percussions une profondeur fascinante et malgré tout électrique qui invite à la danse. La transe n’est pas loin, encouragée par un Vasquez tout en nuances de noir, le front ceint de boucles brunes, les bras ornés de tatouages, totalement dévoué à ses morceaux d’une puissance rare et radicale, qui font l’effet de racines tortueuses s’enroulant autour des coeurs et des corps avec une violente détermination. C’est dans une lumière de cathédrale que le Californien (désormais installé à Berlin) et ses acolytes offrent leurs deux derniers morceaux en rappel, transformant définitivement leur concert en cérémonie mystique.

2. Savages : la deuxième claque du week-end

On aurait pu résumer cette édition en une simple lettre : S. S comme Soft Moon, donc. S comme Savages, aussi. Portée par la très charismatique Jehnny Beth, ce girl-band post-punk joue moins la carte de la nostalgie “joy division” que celle de la splendeur rock. Et c’est tant mieux. Moulée dans un slim noir, son bomber entrouvert dévoilant un soutien-gorge en dentelle, perchée sur de hauts talons léopard, les cheveux courts invariablement gominés, Jehnny Beth est le genre de personnage absolument fascinant. De même qu’elle avait cristallisé l’attention à “Wiebo”, le spectacle monté par Decouflé autour de Bowie à la Philharmonie de Paris en mars dernier, elle exerce un pouvoir d’attraction irrésistible sur le public malouin, pourtant en toute petite forme le dernier soir du festival. Lorsqu’elle ne chante pas les bras levés dans un geste théâtral qui rappelle celui de Patti Smith (à laquelle elle semble également avoir emprunté des intonations), Jehnny Beth quitte ses talons pour s’offrir des bains de foule pieds nus, le micro collé à ses lèvres rouge sang, ou se perche, chancelante, sur les barrières de sécurité. La voix ne perd jamais de son assurance, même lorsqu’elle retrouve une tessiture normale pour raconter une première Route du Rock à l’âge de treize ans. Car si Jehnny Beth a un nom de scène à consonnance anglo-saxonnes, s’exprime majoritairement en anglais, et vit à Londres, elle est française et se prénomme Camille Berthomier. Comme leur nom de groupe ou leurs regards acérés le laissent à penser, Savages est brut, sauvage, violent. Un peu comme Soft Moon finalement. Le concert se termine sur l’excellent Don’t Let The Fucker Get You Down. Un beau mantra que l’on pourrait bien voir fleurir sur les bras de certains tatoués. 

3. Ty Segall kiffe Bordeaux

Malgré notre amour indéfectible pour tout ce que Ty Segall et sa bande comptent de projets, le concert de Fuzz nous a un peu déçu. Leurs visages  sont maquillés de façon grotesque (mais pourquoi donc ?!), Ty est à la batterie et ses deux guitaristes chevelus font dans le lourd, le heavy, malheureusement un peu trop répétitif et un peu trop gras. En backstage, Ty Segall arbore un t-shirt Betty Boop et un tatouage 33 sur le doigt. Un hommage à Bordeaux, dit-il, où est basé Buzz, boss de U-Turn, tourneur français du Californien, qui lui s’est fait tatouer “CA”. Pour parfaire le tout, Ty se descend du rouge bordelais à la bouteille, tout en tapant la discute à Cory Thomas Hanson, chanteur de Wand. Un autre groupe qui appartient à la bouillonnante scène garage-psyché californienne à découvrir sur scène à Rock en Seine.

4. Hinds crée la scission
Lorsque les conversations ne portent pas sur la météo, elles s’orientent généralement sur Hinds avec comme ligne directrice la question : “t’as pensé quoi de leur concert ?”. Les sceptiques soulignent leurs fausses notes, leur côté spot publicitaire pour Urban Outfitters, leur manque de technique, leur amateurisme. Pour nous le coup de coeur est total. Avec leurs morceaux à la fois pop, garage, gorgés de soleil et un peu bricolo, leurs sourires XXL, leur bonne humeur communicative, les quatre Madrilènes sont d’une fraicheur salvatrice. Mention spéciale à leur reprise de l’halluciné Davey Crockett de Thee Headcoats, groupe anglais des années 90 mené par Billy ChildishEt vivement le premier album.

5. Viet Cong perd son mojo, et Jimmy Whispers nous fait marrer

Programmée sur la deuxième petite scène du Fort Saint Père dimanche, la furie des Canadiens de Viet Cong perd de sa puissance en plein air et en plein jour. Les morceaux se suivent sans réelle énergie d’ensemble. Le final sur Death est malgré tout d’une force brute saisissante. Viet Cong joue sur la frustration, enchaînant les déflagrations et les silences, alternant moments de sauvagerie et de retenue, avec une belle dextérité. A l’inverse, l’après-midi même, Jimmy Whispers, étrange type débarqué de Chicago, bénéficiait du fait de jouer en plein soleil sur la plage de Saint-Malo, face à la mer et aux festivaliers en maillot. Car, malgré leur tendre maladresse, les morceaux contenus dans Summer in Pain,tiennent moyennement la route (du Rock, pardon). La voix est mal assurée, la musique un peu pauvre, les balades lo-fi enregistrées au smartphone se ressemblent. Mais, en jouant au dandy glam (pas très loin d’Ariel Pink), en se tortillant pour enlever son t-shirt, et en s’offrant un micro bain de foule, Whispers se révèle d’une nonchalance attachante.

6. Foals agace

Le monde se sépare en deux catégories : les fans de Foals et les autres. Ayant coupé les ponts temporellement parlant avec les années 2007-2008, on se situe plutôt du côté des autres, même si oui, c’est toujours rigolo de réécouter leurs vieux tubes. Ce sont d’ailleurs eux qui sauvent partiellement leur concert, à part ça bien trop lisse, quasiment taillé pour le stade, avec toutes les images effrayantes que cela implique. Pour leur défense: leur bassiste étant tombé malade, c’est leur backliner qui s’est chargé de le remplacer au pied levé, histoire d’éviter à La Route du Rock une deuxième annulation. Car, rappelons-le, Foals remplaçait Björk qui n’avait finalement plus envie de jouer son dernier album (elle y raconte sa rupture avec son mari).

https://instagram.com/p/6a3KfZuP2t/embed/captioned/?v=47. The Juan MacLean est un appel à la choré 

Impossible de rester statique devant The Juan MacLean, duo formé de Juan MacLean et de la chanteuse Nancy Whang, ex-membre de LCD Soundsystem, accompagnés sur scène de musiciens.  La totalité de leurs morceaux – savant mélange d’électro shootée à l’acide, de tonalités rock indé, et de disco-dance fofolle- donne envie de se lancer dans des chorégraphies plus ou moins audacieuses (selon la souplesse et le degré d’alcoolémie de chacun, hein). Certainement un des meilleurs concerts du festival, et une bonne raison de (ré)écouter leur dernier album, In A Dream, idéal en cas de déprime.

8. Ride, Oxford, 1990, le chapeau en plus

Sur scène, Ride ressemble plus à un vieux groupe FM qui se serait reformé par manque de thune, qu’à ce qu’ils sont en réalité. A savoir un groupe culte des nineties, ayant bercé plus d’une adolescence. Heureusement, l’affreux chapeau de Mark Gardener n’a pas esquinté le shoegaze de leurs débuts. Nous voilà propulsés (les yeux fermés) à Oxford, en 1990 donc. Et c’est plutôt cool.

9. Lindstrom > Daniel Avery

Si l’électro robotique de l’Anglais Daniel Avery nous vrille la tête sur album, elle nous laisse tout froid en live. Scénographie minimale, techno minimale, présence minimale : les beats s’enchainent et se ressemblent, monotones, abrutissants, sans âme. Le set du Norvégien Lindstrøm, qui suit et clôture la soirée du vendredi, n’en est que plus enthousiasmant. Ici, l’électro se fait disco et excitante, et en appelle à nos dernières forces pour nous faire danser encore un peu dans la fraicheur de la nuit bretonne.

10. Jungle clôture le festival 

Taillée pour la radio voire les rayonnages d’Urban Outfitters, la soul de Jungle dégage une chaleur moite, enveloppante, rassurante, peut-être un peu trop lissée par des heures de travail et de réflexions en studio, peut-être trop carrée, trop parfaite (n’est pas Dan Deacon qui veut), mais ultra efficace. Leurs tubes font l’effet de bombes pop pensées pour être reprises en choeur dans un mouvement communautaire légèrement hystérique.

https://instagram.com/p/6aGzlIOP2y/embed/captioned/?v=4Suivra une after au bar VIP marquée par la présence complètement zinzin de Flavien Berger derrière les platines. Avec ses yeux écarquillés, ses boucles folles et ses dents du bonheur, le jeune Français – qui donnait un concert sur la plage de Saint-Malo le samedi – donne le ton : l’ambiance est loufoque, et irréelle. Le voilà qui enchaine pop française et trap music avec une sérénité fascinante, à peine perturbée par trois jeunes femmes ayant décidé de se livrer à un numéro de strip tease devant nos yeux éberlués. Elles finiront donc seins nus et en culotte dans la nuit malouine. Zinzin on vous dit. Allez, à l’année prochaine.

Eurockéennes : les premiers noms pour l’édition 2015

Le grand festival de Belfort vient d’annoncer les premiers noms de sa prochaine édition. Avec notamment Etienne Daho, Die Antwoord, James Blake ou encore Pusha T.

Sur l’affiche, il y a un motard qui surgit de flammes violacées, comme une promesse que cette année, les Eurocks vont envoyer du lourd. Le festival vient d’annoncer la première partie de la programmation d’une 27è édition qui se déroulera le premier week end de juillet, c’est-à-dire du 3 au 5. La France y sera représentée par Etienne Daho, The Do, Skip The Use et puis bien sûr : Christine And The Queens.

Pour le reste, les amateurs de pogos dans la boue pourront compter sur Royal Blood, Die Antwoord, Parkway Drive ou encore Eagles Of Death Metal. Mais il y aura aussi un peu de place pour l’electro sensuelle d’un James Blake (qui, d’ici-là, aura sans doute sorti son nouvel album, Radio Silence, qu’il annonce pour le printemps) ainsi que pour l’artiste australien Flume.

Le reste de la programmation mentionne The Chemical Brothers, Ben Harper & The Innocent Criminals, Damian Marley, St Paul & The Broken Bones, Seasick Steve, les rappeurs Kevin Gates et Pusha T ou encore… Sting. Le reste de la programmation sera annoncé le 16 avril prochain. Un peu de patience.

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