Les espaces entoilés sont infinis, mais apparemment pas tant que ça. You Tube décide de faire le ménage chez les petites araignées, a moins qu’elles ne se bougent, avant de lancer You Tube Music, qui compensera normalement l’abyssal déclin de Google Music, encore en chute libre aujourd’hui. La stratégie du renoncement ? Parce qu’il vaut mieux renoncer que tenter d’exister même un petit peu? « toujours plus pour ne pas exister toujours moins ! » c’est une devise… mais pas forcément.

Revenons à nos moutons puisque nous en sommes, revenons à nous. Je gère bien sûr la chaîne YT de mon groupe rock Café Bertrand, parfait pour en faire un exemple dans ce billet, et c’est donc à moi que l’on envoie un mail notifiant que « bravo, vous avez 3838 heures de visionnage en moyenne par mois ces 12 derniers mois », mais « pas de bol Dugenou, t’as pas assez d’abonnés, 320 et des brouettes, et tant que t’en auras pas 1000, tu pourras plus monétiser tes vidéos ». Ou à peu près ça. C’est sym-pa ! Plus une thune désormais pour tes vidéos, t’as bien compris petit musicien ?

cafebertrand-qu4tre

Tu sais, celles qui représentent des bouts de vie de ton groupe, de ta vie, et ben tout ça ne vaut rien si t’es pas assez suivi ! De la merde ! C’est pas que You Tube te reverse beaucoup,  à toi le petit  indé qui en chie déjà pour tourner des clips qui sont diffusés qu’ici en plus.., mais non ils n’ont pas le monopole ! pardon c’est nerveux. C’est ridicule en revenus, soyons clairs, 150 boules par an, les bonnes années, donc sur le fond, on s’en care l’oignon. C’est en deuxième position après les plateformes assassines du web, qui ont ruiné les ventes d’albums physiques et donc les artistes, les petits labels qui les défendaient, l’oxygène s’est appauvri., et juste avant qu’on meure, je suis venu vous dire…

Alors c’est en brûlant tes disques au coin du feu parce que bientôt tu dormiras dehors alors tu t’habitues, si ces cons continuent. Et on fera quoi si un connard commence à vendre aussi ses albums en mp3 pendant les concerts sur un stand de merch virtuel, et si tout continue comme ça à voir les gens discuter un album physique à 15 balles « parce que sur le net il est à 9.99 ? On arrête de faire des disques ? Hors de question. Tant qu’on pourra presser, on pressera, comme You Tube. Mais nous, c’est tout le contraire, c’est parce qu’on aime les artistes, la musique, le disque, l’objet, le skud qui contient un livret, des images, un truc palpable comme un groupe, tu vois ? Alors on fait des vidéos, des clips et ils sont pas moches les clips, beaucoup les aiment, mais beaucoup n’ont pas le réflexe de « suivre » sur You Tube, ils devraient au moins être mille, le roi a parlé, alors Monsieur You Tube il est pas content.

Ouais You Tube.. faut dire, j’ai jamais incité les gens à s’abonner à notre chaîne. On saoule déjà la toile en permanence sur le Grand Social, alors on culpabilise, on se dit qu’on va pas encore demander à nos aficionados de nous suivre ici ? Ben si…  mais l’explication n’est pas une soumission ou un désir vénal les copains, c’est surtout et aussi parce que les vidéos monétisées apparaissent bien plus dans les moteurs de recherche que celles qui ne le sont pas, à moins d’être virales (pas notre cas), et qu’aujourd’hui, quand t’es à ma place et que tu tiens les murs de ta maison depuis 25 ans, tu te dis que c’est con de rien faire, mon groupe c’est ma life et c’est par la toile que tout se checke.

        Les D.A des majors écoutent plus de disques, mais non, j’te dis que non. Ils veulent un lien qui va au pays des mp3, au son compressé et plus dégueu qu’un disque dont les sillons seraient remplis de boue. Ca s’écoute, d’accord, mais tente un jour d’écouter un vrai disque tu verras, ça surprend. Ils veulent un truc qui marche de suite, pour vendre.             Alors vu que depuis que l’histoire de l’humanité fait des siennes on marche sur les uns pour élever les autres et on vise l’uniformité absurde, ils sont aussi lisses que leurs choix la plupart du temps, et jamais très inspirés. En France, c’est des mecs en galère qui font le rock français, de nous à Cantat, en passant par Eiffel, c’est ici que ça se passe.  Attention, sans prétention aucune ! Mais avec la prétention de pouvoir conrinuer à vivre de notre art et c’est la seule chose qu’on sait faire de toute façon, des disques, pour avoir des concerts et se sentir vivants. (Et transmettre ensuite des clips lives qui coûtent moins chers que des DVD, mais ne rapportent plus rien ). Pour pouvoir re-presser des disques, qui amèneront à leur tour les lives qui font battre le cœur. Je n’entrerai pas dans un discours de mille pages sur le choix et le fonctionnement des programmations dans les grands festivals, les gros circuits, on a connu heureusement pour nous, 40 zéniths avec Purple, 2 stades avec ACDC, des palais des sports, patinoires, parc des expos et festivals, même l’Olympia, alors on se plaint pas. Mais les programmateurs aussi checkent si tu es suivi sur You Tube, sinon ils te programment pas mec ! La boucle est bouclée… A moins qu’on est 1000 abonnés et que nos 250 000 vues au total servent au moins à payer quelques jeux de cordes. Alors on a décidé d’appeler les rockers français à nous suivre, et qui vivra verra.

Je cale si-dessous le dernier clip de Café Bertrand, Alice, titre acoustique (rare chez nous;) pour ceux qui découvriraient le groupe avec cette lecture. Titre extrait du nouvel album QU4TRE, chaque titre sera bientôt sur notre chaîne, on vous prépare des petites vidéos sympas pour ça. La suite en dessous du clip. (ET si le lecteur n’apparaît pas, clique ici)

 » Vivons avec notre temps ! » dit alors le vieux rocker et si vous m’avez lu les ami(e)s , c’est que ça vous touche peut-être, alors si vous le sentez, abonnez-vous comme l’exige You Tube, ou pas, restez libres surtout ! Mais ne vous inquiétez pas, les générations futures les verront mourir un jour, s’amenuiser à petit feu, noyés dans leur grand tout et on pourra à nouveaux trouver des vrais albums de « l’époque où », sous les manteaux des réseaux clandestins sûrement. Soyez la horde qui a comprit cette missive. En remerciement, nous allons uploader le making-off inédit du clip « Sir John » dès que nous serons à 1000 !

Chaine You Tube Café Bertrand

Merci à ceux qui suivront, tant pis pour les autres, nous, c’est pas grave. On arrêtera pas pour si peu 😉 Pensez aussi à suivre les jeunes groupes qui sont la relève ! Bises à tous les fans de rock.

Je citerai Cantat pour rester fidèle à mes instincts en scandant  » donnez-vous rendez-vous, mais ne vous rendez jamais » , on fait que ça, à bientôt sur le Révolution Tour de Café Bertrand, ou sur un des concerts de mon trio acoustique Walther chante les autres. Vous êtes les bienvenus partout.

Walth

 

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Bertrand Cantat & Amor Fati : Ce qui est, est !

On ne fait pas une chronique du premier album solo de Bertrand Cantat à la va-vite. Sorti le 1er Décembre 2017 et très attendu par les fans (dont je fais partie, fallait-il le préciser ?) , on a toujours peur de détester ou d’adorer, surtout d’adorer, et pas de bol… on a adoré.  Après l’accueil réservée à l’interview des Inrocks, on constate que la musique est parfois prise en otage pour cibler l’auteur, très souvent, voire toujours, pour une chose qui n’a aucun rapport avec. Alors soyons concis, je parle de l’album Amor Fati, titre O combien si bien choisit, parce que le destin, il vaut mieux l’aimer et faire avec pour continuer à créer.
Pour ma part c’est la version vynil que j’ai achetée, un double 33 T simple et beau, illustré par les textes et le travail d’un graphiste qui les a écoutés. L’album surprend si on s’attendait à une « suite logique » de Détroit par exemple, ou encore de Noir Désir, mais il n’en est rien. Après les expériences chez Sophocle, les vols de nuit sur un Condor et les horizons de Détroit, l’homme sert un album grandiose, personnel, mais pour nous. On dépèce la bête, vite fait.
Amie nuit :
L’album débute avec un titre où les claviers ou autres moogs nappent l’air qui entoure le texte, à tomber, il se suffit à lui tout seul. Une de ces chansons qu’on a l’impression de connaître depuis des lustres. On aime penser qu’il a écrit ça dans les bras d’une muse habillée en nuit, avec Léo Ferré sur une photo jaunie trônant bizarrement là et faisant mine de le regarder, toujours encourageant. Ici on dénonce ses maux en poésie, on ne dort pas, la journée commence à minuit. L’insomnie vitale chez Cantat, obligée chez Bertrand, ça donne du lourd et j’ai franchement aimé direct, ce titre est dans mon top 3 de façon sûre. Il ouvre superbement l’album, la tracklist c’est important, on est saisit de plein fouet par la douceur du délire et l’impact des mots.
Amor Fati :
Pareil, et ce sera souvent sur quasi tout l’album, on reste sur  du minimaliste, un texte qui aurait pu être chanté ou écrit par Romain Humeau, anyway, l’âme bordelaise est là, à n’en point douter. Encore un texte magnifique, sa devise, Amor Fati en est le titre, pour appuyer l’amour obligé d’un destin qu’on ne choisit pas, son refrain « Ce Qui Est Est » , s’expose en lettres d’or comme un slogan indéniable, sur l’intérieur du sublime vynil.
Une dénonciation ironique, une réponse aux médias dédaigneux, aux individus qui auraient adoré avoir le même talent et qui se noient dans leur jalousie, leur incompréhension du phénomène, parce que Bertrand c’est un ovni, t’as pas encore compris ? Il n’en est pas à tergiverser, ce qui était avant était avant, ce qui est, est, et on y changera rien, alors fermez vos gueules et écoutez, on va vers un troisième titre, et puis le but de cette chronique est d’inciter certains à une écoute attentive, pas à révéler l’entièreté d’un album.
 Silicon Valley :
Le minimal est au maximum sur une intro où la voix de Bertrand susurre un texte qui nous rappelle Sa Majesté à Détroit. Si l’ironie a toujours été une arme, le talent de Cantat c’est d’être Cantat. Pour ceux qui connaissent Chœurs, on sent quelques ambiances, une façon de clamer, sophoclienne.
Pas besoin de s’énerver sur chaque titre, la force des mots propose un accompagnement qui peut se permettre d’être hypnotique, bruité, jamais trop chargé, justement. Alors la voix gravement basse, il enrobe, se love en circonvolutions, et libère un 3 ème texte à l’image de ce qu’il a écrit et continue d’écrire, juste et bien pesé, dénonciateur systématique et systémique. Heureusement,il y en a encore !
Excuse my French :
Là on retrouve une ambiance où Brigitte Fontaine serait à l’aise pour nager, tu parles. Faut oser balancer un texte comme ça, et il le fait avec brio. Bien entendu je ne vais pas être trop obljectif, trop fan, Excuse me frenchs… Mais encore une fois putain de choix de mots, des putains de dinosaures dansent sur des fûts écrasés en hurlant fuck à la gueule du temps perdu et se foutent de ceux qui passent la tête perdue dans les nuages toxiques. Enfin, c’est l’image que j’en ai eu, pas vous
?
L’Angleterre :
Le 1er single que l’on a pu entendre. Alors, soyons clairs une dernière fois, cette chronique n’est pas écrite pour être affublées de commentaires n’ayant rien à voir avec la musique. Il y a assez de cons comme ça, de gros soucis chez les distributeurs, les médias, chez ceux qui vendent, ou ne vendent pas justement, et peu importe, il n’y a rien à y faire, à part se procurer le disque via le site ou chez votre disquaire si il est pas trop con. Bref, ce titre avait été décrié, (je ne vois toujours pas pourquoi), une poésie qui dénonce les conséquences toujours politiques, les cartes, jouées ou pas et cachée dans l’outre-manche, ou chez nous, parce que des cons, il y en a partout.
J’attendrai :
Personnellement, un des titres qui m’a le plus étonné. Ambiance Amadou et Mariam qui peut laisser dubitatif à la première écoute, mais encore une fois, Bertrand te pond un texte juste sublissime, assume un chant ernestinien, (ah ben oui, c’est lui aussi qui avait pondu ce magnifique titre, je suis con !) Cantat dénonce et constate en servant une chanson où l’oreille se laisse bercer par la musique, mais se concentre sur la voix. Il surprend, il sait surprendre, il n’attend rien, il chante, et moi j’ai bien kiffé le délire. Une comptine entêtante, avec ce gout de paix, de sérénité dans la voix. Ouais, top.
Les pluies diluviennes :
Une guitare folk débute cette song, la voix est cohérente avec tout ce qu’on vient d’entendre mais ce titre a un truc en plus. Le refrain tu vas me dire ? Ouais copain. La classe, c’est de savoir écrire des phrases comme ça, qui disent tout en deux secondes. Le temps qu’il m’aura fallu pour être fan de cette putain de chanson ! Là, je n’en dis pas plus, sortez vos parapluies sans les ouvrir et baladez-vous dans le jardin, c’est la meilleure façon de l’écouter.
Anthracitéor :
Le deuxième single qui avait été dévoilé s’inscrit dans la même famille que tout, surprenant. Entre anthracite et or, un chant qui ose encore. En fait, je me dis que le maître mot c’est OSER. Oser être soi. On est entre la « lecture » (je parle de ce style musical CF Condor Live) et, là aussi c’est la classe à Dallas (non Détroit ça rimait pas). Pourquoi ? Parce que cette chanson, sur les 2 premiers tiers, si tu la fais chanter par un mec lambda et ben ça sonne variét’ direc’ mais là, écoute bien, c’est chiadé, torturé, noir et putain de beau. Dans la même veine, deux perfusions.
Chuis con :
Un de mes préférés. Ecrire c’est ça, je réitère mes affirmations, la plume est gigantesque, le style osé. Je parle souvent du style de cet album parce que quand tu fais un album sans penser une seconde à savoir comment plaire aux médias, tu ne fais surtout pas ça. Par contre, pour en foutre plein les yeux des oreilles à tous ceux qui t’aiment et t’écoutent mon Bertrand, c’est tout ce qu’il fallait faire. J’en ris parfois, la gueule des mecs qui cherchent à critiquer ces songs, faut du bagage et surtout une raison de le faire, là c’est beau, novateur, rock et cantesque, gicantesque !
Aujourd’hui :
Allez, on en remet une couche. Le feu des dissidents. Celui-là, il faut l’écouter à plusieurs, faut qu’on en parle, alors donnez vous rendez-vous mais ne vous rendez jamais.
Maybe I
Vous connaissiez ce titre. En effet, dans la BO du film « Les premiers les derniers » Cf Pascal Humbert. Un titre en anglais qui avait sa place dans cet album, ce petit bonus qui clôture Amor Fati est sympa à écouter, après, je préfère la teneur des autres titres, en français, parce que bon, il excelle dans l’écriture le garçon et qui plus outre, la syntaxe est son dada et la voix, son continent, alors merci pour tout ça Monsieur Cantat.
Les premières dates de tournée, livrées ci-dessous,  je suis impatient de revoir Bertrand sur scène aussi, en attendant, j’attendrai.
Walther Gallay 10.12.17

A nos étoiles, rencontre avec Bertrand Cantat (Condor « live » de C.Ferey par B.Cantat)

 

J’avais déjà pu apprécier le projet sophocléen « Choeurs » en album, n’ayant jamais eu la chance de rejoindre le théâtre de Namur où Bertrand Cantat donnait plusieurs représentations en Mai 2014 et j’avoue être assez fan des talents d’adaptation et d’orateur du chanteur de Détroit qui là aussi, vous le savez, exhibe un homme nouveau, jamais pressé, prenant le temps de vivre la scène à plein poumons, les yeux rivés dans le talent et partageant tout avec son public. Cette énergie.

Le 25 Septembre dernier, j’avais mon billet pour la représentation de Condor « live », adaptation du polar de l’auteur émérite français Caryl Ferey. Ce dimanche je l’attendais avec impatience et le destin a voulu me filer un coup de main, ma bonne étoile va savoir, les copains aussi. 17 heures, je suis avec mon pote Sylvain,on s’apprête à rejoindre le théatre manosquin Jean Le Bleu où le spectacle est annoncé pour 18 heures quand fît irruption dans mon salon le tenancier du Kfe Quoi Bruno Lévi.

« Walth ! Bertrand a oublié son harmonica à Pau hier et là il est dans le jus, tu peux lui en prêter un ? Je te file le numéro de Maya (une amie commune) qui est déjà sur place ». Tu penses bien que ni une ni deux, je prends ma ceinture d’harmonicas, ne sachant quelle tonalité il devait avoir, dans le doute, j’ai donc tout prit et nous voilà partis à Manosque.

Arrivés sur place, énormément de gens sont déjà devant, un public représentant tous les âges, 700 personnes, 699 exactement, à une entrée près, c’était blindé 😉

Une sécu assez conséquente est à l’entrée. J’aperçois Maya et discute avec, arrive Stéphane Gondrand, régisseur du théâtre et ami depuis quelques années, il avait officié au son avec Café Bertrand. Bertrand n’est pas revenu de son hôtel m’informe-t-on et je donne donc ma ceinture d’harmonicas à Stephane qui va lui poser en loges. Sur le moment, je me suis dit que j’allais pas pouvoir le voir, ils allaient pas me la faire à l’envers quand même et puis, j’avais amené quelques vynils (très) collectors de Noir Désir (test-press 30 cm, 10 exemplaires en France, maxi 45t le vent nous portera avec moryin moryin en face B pour les connaisseurs, et un 45t promo de 89 avec les dates de la tournée dessus) et Détroit (album vynil des acoustiques), Choeurs, bref, de la pièce j’te dis !

Alors c’est tout cash que je dis à Stéphane de prévenir Bertrand que c’est moi qui ai amené ses putains d’harmonicas, il me connait, il connait mon groupe, on a quand même ouvert plusieurs fois pour Noir Désir à l’époque. Le tout accompagné d’un regard qui ne pouvait qu’appuyer la requête, il me promit de tout faire pour que je puisse le voir backstage, les visites en loges étant à la base interdites sur ce concert.

La salle est pleine, mon pote Sylvain est entré dès le départ nous réserver 5 places au deuxième rang. Mon ami et bassiste Alain Perusini arrive, accompagné de sa douce Sonia et une amie, Sandrine, qui nous accompagne également. On s’installe, je trépigne d’impatience. Je suis placé on ne peut mieux, au 1er siège de la 2eme rangée, je suis à trois mètres j’te dis !

Une silhouette arrive sur scène et le public acclame mais c’est l’auteur Caryl Ferey qui arrive « désolé pour vous, ce n’est pas Bertrand Cantat mais l’auteur de Condor »

La salle ressert une salve d’applaudissements nourris. Un humour évident, une simplicité flagrante, un talent indéniable, les 10 minutes passées à écouter cet auteur passèrent trop vite. Quelques explications sur le polar, le Chili, le colosse aux mains cassées, Condor, Ah oui, les remerciements en direct par l’auteur pour « le musicien qui est venu à l’arrache pour dépanner Bertrand d’un harmonica ». « Il est là!!! » hurlent de concert Sonia et Sandrine, on est repérés direct.

L’auteur se retire et la scène noire à peine éclairée de quelques lumières bleues accueille le trio Cantat, Sens à la guitare et Manusound aux machines et à la basse sur un titre ou deux.

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Le chanteur est un orateur. Une arrivée calme même si très applaudie, pas un mot, il s’assoit, une grande respiration, le spectacle commence.

Alors je ne vais aucunement décrire les chapitres déclamés et jetés à terre à chaque page par un Cantat grandiose, par ses musiciens magnifiques, des climats qui rappellent ces ambiances envoyées par Tessot-Gay à l’époque de Noir Désir parfois. Un archet de violon, une finesse dans le jeu et dans le choix du son, ce Monsieur Sens était au top ! Manusound aux machines assène des mouvements secs et rythmés à une souris qui n’avait rien demandé mais qui est quand même allé chercher des sons se mariant parfaitement avec ceux du guitariste, pari réussi, le climat était magique, enivrant, Cantat a encore été surprenant et le public ne s’y est pas trompé. À vous de le découvrir en live ce Condor, d’apprécier l’envergure de ses ailes déployées, à vous de le voir ce phœnix.

c

Standing ovation après 1h00 et des brouettes de show. Le sourire s’imprime sur le visage du chanteur qui salue avec ses musiciens rejoints par l’auteur, tout un théâtre n’arrêtant pas d’applaudir.

La salle se vide petit à petit et nous sommes dans les derniers à sortir et je vois Stéphane Gondrand qui me dit « je viens te chercher dans quelques minutes ». Mon pote, notre amie et sa fille venue rejoindre sa darone en profitent, on passe derrière 5 minutes plus tard, et nous voilà dans le couloir des loges. Bertrand apparait.

 

-« salut Bertrand ! »

 

-« ah mais c’est toi qui a amené les harmos ?! Entrez je vous en prie ». Ouf, il a reconnu ma gueule, ma grande peur est toujours de passer pour un fan de base, trop envahissant mais qu’on doit quand même recevoir parce que. De plus, je n’amène jamais de disques à signer, je ne l’ai même pas fait en ouvrant 40 fois pour Deep Purple, mais là..

 

Un Bertrand toujours imposant de talent et de carcasse, un jour, un mec avait écrit de moi « un auteur à l’âme d’enfant étonné » et ben je trouve que cette phrase lui convient encore mieux. On a pu parler littérature et musique avec le temps nécessaire pour parler bien des choses. Mes amis mitraillaient discrètement, « avoir des photos avec nos deux chanteurs préférés c’est pas tous les jours ! » me diront-ils sur la route du retour.

f

J’ai pu lui faire signer les vynils amenés sur place dans mon pitoyable sac plastique noir auchan et j’étais ravi de le voir étonné cet enfant, à me dire « putain mais même moi je les ai pas ceux-là, comment t’as pu trouver ça ??». J’ai immédiatement pensé à mon grand ami et producteur Michel Mage qui a pu m’avoir ce test-press de 66666667 club, ce 45 tours promo rouge, etc. « Bertrand, j’ai TOUT de Noir Désir, y compris le moindre article de presse depuis 87 donc tu penses bien que les albums, même introuvables, je les trouve ». Rires.

Après une belle discussion où lui-même répondit au régisseur du théâtre « non le café bertrand c’était le bar de flore à paris avant, le nom de leur groupe vient de là » , j’ai halluciné.

d

Il prit en mains les deux albums de Café Bertrand « les airs empruntés » et « les mains dans l’encre » , en attendant l’arrivée du petit dernier « QU4TRE » (en cours aujourd’hui) et puis mon album solo « Stigmates »en me jurant de les écouter, tu penses bien que CafB en 1ere partie de Détroit ça pourrait le faire terrible ! » et ça mettrait fin à « ils ont la même voix », que dalle, et j’espère donc qu’on pourra le démontrer un jour en live. Qui vivra verra. Ça c’est fait !

a

Le seul bémol à cette histoire est que Alain et Sonia qui étaient déjà partis au bar ont raté le coche sinon ils rentraient avec moi.. Ce n’est peut-être que partie remise !

En sortant, j’ai aussi acheté le bouquin de Caryl Ferey bien sûr, dédicacé par l’auteur « pour l’homme qui sauva l’homme qui… » , ainsi que « De Noir Désir à Bertrand Cantat » de Pierre Mikaelof , un ex Désaxés , écrivain et biographe, à lire absolument aussi.

Il est rare que j’écrive des billets comme celui-ci mais comme j’ai dit un jour à Paris à Bertrand alors qu’on se croisait après un concert à l’espace Jemmapes en 2011, si j’ai fait du rock En français c’est à cause de deux gars, lui et Hubert Félix Thiefaine. Chacun sa légende, la mienne était là à côté de chez moi et le destin a voulu que cette rencontre se fasse. Je me rappelle être allé me pieuter comme un môme de 12 ans, des étoiles plein les yeux. À nos étoiles.

 

Walther Gallay

 

Walther Chante Les Autres#Summer2016

Le groupe rock Café Bertrand étant en plein taf sur son nouvel album QUATRE, les 4 frères de scène entretiennent leur intermittence avec des projets « à côté » , aussi, parmi le groupe on pourra voir le duo Walther Chante Les Autres où le chanteur et bassiste de Café Bertrand reprennent les standards rock en version acoustique.

Les premiers concerts à Dijon, THonon, Paris ou encore Genève ont permit de confirmer la valeur du duo qui fait le plein à chaque date.

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Des reprises comme Noir Désir, Stéréophonics, Eiffel, Yodélice, Amy Whinehouse, The Rolling Stones, Neil Young ou encore Shaka Ponk, ALice in Chains. Un répertoire varié où le duo recherche l’intimité et joue des versions lives acoustiques tirées de concerts bien spécifiques. 1h30 à 2h de concert auxquels on vous invite grandement !

Les prochaines dates se joueront « à la maison » dans les Alpes de Hte Provence, patrie d’adoption du quatuor initialement originaire de Haute Savoie

16.04.16 Le Complexe à Manosque (04100) dès 21h
21.05.16 Le Café de la Poste à Manoque
18.06.16 Fête de la Musique à Volx (04130) dès 21h00

Plus d’informations sur le duo qui programme des dates jusque mi Septembre 2016, avant de reprendre la route avec Café Bertrand, en suivant CE LIEN

100% en 3 semaines pour le nouvel album de Café Bertrand sur Kiss Kiss Bank Bank

100% en 3 semaines pour le nouvel album de Café Bertrand sur Kiss Kiss Bank Bank

Café Bertrand prépare son nouvel album, les aficionados le savent et ont répondu présents pour lancer le projet de financement participatif (Kiss Kiss Bank Bank) qui permettra d’aider le groupe à produire son nouvel album QUATRE et entamer sa 24 ème année d’existence avec sérénité.

Il reste 15 jours (jusqu’au 10 avril à 8h00 du mat ) pour soutenir une des plus anciennes formations rock de l’hexagone qui sert le rock et la langue de Molière, la première moitié ayant été assurée par les 79  Kissbankers que nous remercions du fond du coeur

 

L’objectif est désormais d’atteindre 5500 Euros avant le 10 Avril 8heures du mat et de sorte pouvoir assurer le pressage de cet album que Café Bertrand chérira particulièrement « QUATRE c’est le souffle de 4 frères, l’énergie des 4 points cardinaux qui se réunissent pour ne faire plus qu’un. Un album cousu main où le retour aux riffs bluesy et rock s’entremêleront avec les textes ciselés de Walther Gallay.. L’accueil réservé aux deux singles sortis en préambule (La Route en Sept 2014 et La Rage en Sept 2015) laisse présager un carton plein pour CAfB qui s’impose comme un des derniers groupes de rock français encore en activité, signant sa 24 ème année d’existence.

L’année 2016 verra donc la sortie de l’album QUATRE , année où dès Septembre le groupe partira en tournée aux quatre coins de l’hexagone mais aussi à l’étranger avce un passage au Maroc, 2 dates aux US, 2 dates en Colombie et 2 dates en Allemagne.

Cette année permettra également au réalisateur Franck Stromme de terminer le tournage de 10 ans de scène avec CAFB pour le long métrage unique « un monde à gagner, des chaines à perdre » débuté en Nov 2006 avec Deep Purple, ce film sera proposé en salles et ensuite en coffret de 5+1 DVD, dont 1 réservé à la date mythique de l’Olympia le 18.11.2007

Il n’y a pas de petits dons,juste de grandes aventures, participez à celle-ci !!

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