Noel Gallagher présente une nouvelle version “D’You Know What I Mean” d’Oasis

Une nouvelle version de l’album “Be Here Now” sortira, avec des titres inédits.

Les frères Gallagher font souvent parler d’eux. Mais rarement ensemble. Même si on semble encore loin de la réunion, le duo turbulent de Manchester continue de faire vivre son ancien temps et annonce la réédition de l’album Be Here Now, dont la sortie originale remonte à 1997.

Une nouvelle version qui sera dévoilée le 7 octobre 2016, sur Big Brother Recordings. Un premier aperçu est déjà disponible sur youtube, un des classiques du groupe, D’you You Know What I Mean, repensé par Noel Gallagher.

Cette réédition s’inscrit dans la série Chasing The Sun : 1993-1997, lancée en 2014, et succède au rework des deux albums d’Oasis : Definitely Maybe (1994) et (What’s The Story?) Morning Glory? (1995.)

Cette troisième sortie sera livrée sous la forme d’une édition spéciale, comprenant trois disques, dont le mystérieux Mustique Demos, 14 titres enregistrés par Noel Gallagher et le producteur Owen Morris sur l’ile caribéenne en 1996, mais aussi de nombreux morceaux inédits, des lives rares, et bien-sûr, les 12 titres de Be Here Now remasterisés.

 

album oasis

par  pour les inrocks

David Bowie: un album posthume et une comédie musicale

Les hommages au Thin White Duke se multiplient mais ne se ressemblent pas…

Morceaux inédits, films-hommages, enregistrements inaboutis dévoilés… Les sorties post-mortem d’artistes sont devenues avec le temps monnaie courant. De Kurt Cobain à John Lennon en passant par Amy Winehouse, les hommages posthumes se sont multipliés, qu’ils soient légaux ou non (on se rappelle des différends entre le père d’Amy Winehouse et Asif Kapadia, réalisateur du documentaire sur la vie de la chanteuse. Le premier désapprouvait totalement ladite oeuvre du second, la jugeant fallacieuse).

Aujourd’hui, c’est au tour de Bowie de connaître le même sort : quelques mois après la mort de l’icône glam-rock, on apprend la sortie d’un album posthume, mais également l’arrivée en Europe d’une comédie musicale. Explications.

Une comédie musicale à Londres à la rentrée prochaine

Ayant rencontré un franc succès à New York, la comédie musicaleLazarus (du nom de l’un des derniers singles du chanteur) s’exportera dès le mois d’octobre prochain à Londres. Inspirée de L’homme qui venait d’ailleursfilm dont le chanteur était déjà le héros en 1976, et agrémentée par les chansons de Bowie, la pièce s’est jouée quasiment à guichets fermés à chacune de ses représentations américaines. Avec en prime Michael C. Hall (Dexter, Six Feet Under) dans le rôle principal, on est presque sûrs que Lazarus connaîtra le même sort en Angleterre, et l’on espère grandement une exportation en France par la suite.

The Gouster, l’album-posthume surprise

Dans ce genre de situation, il y a souvent deux écoles qui divergent fort sur la question. Les uns se réjouiront d’entendre les créations de leur feu artiste favori, tandis que les autres se révolteront d’une telle sortie, criant au non-respect de l’artiste et accusant ses proches ou son entourage musical d’un business peu scrupuleux.

Du côté de David Bowie, c’est son label Parlophone qui a annoncé la nouvelle via Facebook, promettant un nouvel album comportant pas moins de sept titres inédits. Accompagné de photos, elles aussi inédites bien sûr, de l’artiste prises lors de sessions d’enregistrement dans les années 70, The Gouster sera notamment introduit par une toute nouvelle version du titre John, I’m Only Dancing, tube phare du chanteur sorti en 1972.

S’il est clair que David Bowie avait visiblement tiré lui-même sa révérence avec Blackstar en janvier dernier (il y racontait notamment dansLazarus“Look up here, I’m in heaven” (“Regarde en haut, je suis au paradis”), se sachant condamné par un dévastateur cancer), ce genre de réédition quelle que soit ses motivations fait perdurer le mythe du chanteur aux mille visages, et complète une collection d’œuvres magistrale.

 

source Ana Benabs – les inrocks

Rage Against the Machine, Public Enemy et Cypress Hill forment Prophets of Rage

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Le mystère entourant “Prophets of Rage” a été levé. Il s’agirait non pas de la reformation de Rage Against The Machine, mais d’un nouveau super-groupe avec des membres de RATM, de Public Enemy et de Cypress Hill.

 

On en sait plus sur le mystérieux groupe “Prophets of Rage”. Après le lancement du site internet éponyme le 17 mai, et sa promotion par les réseaux sociaux de Rage Against The Machine – en stand-by depuis 2011 -, beaucoup ont cru – et espéré très fort (nous y compris) – à la reformation du groupe. La réalité est un peu plus complexe.

D’après les informations de Billboard, il s’agirait d’un super-groupe réunissant les trois-quarts de RATM – le guitariste Tom Morello, le bassiste Tim Commerford et le batteur Brad Wilk -, Chuck-D de Public Enemy, et B-Real de Cypress Hill.

Un super-groupe hybride 

Le nom de cette nouvelle formation hybride, Prophets of Rage, est une référence à un titre de Public Enemy sur l’album It Takes a Nation of Millions to Hold Us Back (1988). Chuck-D avait d’ailleurs laissé des indices sur son lien avec ce nouveau projet en publiant sur Twitter des vidéos de live de RATM.

Le charismatique chanteur de RATM, Zack de la Rocha, ne sera donc pas de la partie. On l’avait pourtant vu récemment dans un titre de Run The Jewels.

Les Prophets of Rage donneront leur premier concert le 3 juin au Hollywood Palladium. Ils se rendront également au Whisky a Go Go de Los Angeles – la ville dans laquelle RATM a explosé à la face du monde en 1992, dans un contexte post-émeutes raciales. “The party is over”, comme l’annoncent les affiches de teasing du nouveau groupe, aussi diffusées sous le hashtag galvanisant “#TakeThePowerBack”.

 

Source les inroks #MatthieuDejean

Radiohead inonde Instagram

Après la sortie de son nouvel album, le groupe ne cesse de poster de nouveaux artworks, cherchant à tout prix à entretenir son buzz.

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Après avoir totalement disparu de nos Internets, et dévoilé son nouvel album A Moon Shaped Pool, le groupe de Thom Yorke est totalement hyperactif sur la toile. Sur Instagram, les Anglais ont ainsi inondé leur compte de nouveaux artworks. Certains d’entre eux semblent avoir été réalisés par leur graphiste Stanley Dornwood, tant ils rappellent les visuels d’In Rainbows, tandis que d’autres, notamment une création numérique de Tarik Barri, ont été réalisés suite à un concours lancé par Radiohead, qui demandait à ses auditeurs d’interpréter visuellement ses nouvelles chansons.

Quelques photos ont aussi été postées. Sur l’une d’entre elle, on lit la légende “you are lost’ ; sur l’autre, “something happened”. Radiohead continue donc d’entretenir le buzz et le mystère qui plane autour de A Moon Shaped Pool. Voilà, ci-joints, quelques exemples des visuels postés par le groupe :

100% en 3 semaines pour le nouvel album de Café Bertrand sur Kiss Kiss Bank Bank

100% en 3 semaines pour le nouvel album de Café Bertrand sur Kiss Kiss Bank Bank

Café Bertrand prépare son nouvel album, les aficionados le savent et ont répondu présents pour lancer le projet de financement participatif (Kiss Kiss Bank Bank) qui permettra d’aider le groupe à produire son nouvel album QUATRE et entamer sa 24 ème année d’existence avec sérénité.

Il reste 15 jours (jusqu’au 10 avril à 8h00 du mat ) pour soutenir une des plus anciennes formations rock de l’hexagone qui sert le rock et la langue de Molière, la première moitié ayant été assurée par les 79  Kissbankers que nous remercions du fond du coeur

 

L’objectif est désormais d’atteindre 5500 Euros avant le 10 Avril 8heures du mat et de sorte pouvoir assurer le pressage de cet album que Café Bertrand chérira particulièrement « QUATRE c’est le souffle de 4 frères, l’énergie des 4 points cardinaux qui se réunissent pour ne faire plus qu’un. Un album cousu main où le retour aux riffs bluesy et rock s’entremêleront avec les textes ciselés de Walther Gallay.. L’accueil réservé aux deux singles sortis en préambule (La Route en Sept 2014 et La Rage en Sept 2015) laisse présager un carton plein pour CAfB qui s’impose comme un des derniers groupes de rock français encore en activité, signant sa 24 ème année d’existence.

L’année 2016 verra donc la sortie de l’album QUATRE , année où dès Septembre le groupe partira en tournée aux quatre coins de l’hexagone mais aussi à l’étranger avce un passage au Maroc, 2 dates aux US, 2 dates en Colombie et 2 dates en Allemagne.

Cette année permettra également au réalisateur Franck Stromme de terminer le tournage de 10 ans de scène avec CAFB pour le long métrage unique « un monde à gagner, des chaines à perdre » débuté en Nov 2006 avec Deep Purple, ce film sera proposé en salles et ensuite en coffret de 5+1 DVD, dont 1 réservé à la date mythique de l’Olympia le 18.11.2007

Il n’y a pas de petits dons,juste de grandes aventures, participez à celle-ci !!

http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/cafe-bertrand-nouvel-album/widget

Café Bertrand enrage les ondes dès le 1er Sept avec son nouveau single « La Rage »

Le quatuor rock Café Bertrand a clôturé la tournée qui a défendu l’album « les mains dans l’encre » avec pas moins de 60 dates et sort son nouveau single « La Rage » le 15 Septembre , préambule de l’album « Suites Logiques » à venir en Janvier 2016. Un bon nombre de radios indépendantes diffuseront le titre dès le 1er Septembre 2015

 

 Teaser promo annonce single La Rage – Café Bertrand

Walther Gallay (chant et guitare) , Cédric Toqué (guitare) , Yuri Quintero (batterie) et Alain Perusini (basse) ont enregistré « La Rage » au Studio Le Garage , lieu de prédilection du groupe pour les enregistrements depuis 2011. La formation rock avait sorti un an plus tôt le single « La route » (15.09.14) et son clip en Janvier 2015

La dernière date des CafB s’est jouée aux côtés de Hubert Félix Thiefaine le 16 Juillet dernier au Festival de Néoules, depuis le groupe prépare son « I-Révérence Tour » pendant lequel il annoncera des changements radicaux quant à la distribution numérique des titres du nouvel album et offrira un show tout neuf pour présenter ce nouvel opus. Une pause bien méritée pour les « CafB » qui annonceront bientôt les premières dates du I-Révérence Tour 2016 qui  débutera le 7 Janvier 2016.

Contact Média pour diffuser CAFB (Avec « Diff CAFB » dans l’objet de votre message) : management@cafebertrand.com

Plus d’infos sur le groupe sur le site officiel

Pourquoi l’album posthume de Kurt Cobain n’est pas une si bonne nouvelle

Prévue pour le 6 novembre prochain, la sortie du “premier album solo” de Kurt Cobain s’inscrit dans une longue liste d’hommages posthumes. Mais l’idée sonne déjà comme l’écho pragmatique et contradictoire des idéaux qui habitaient le musicien à la fin de sa vie.

Brett Morgen, réalisateur du documentaire Cobain: Montage of Heck, l’a confirmé en fin de semaine dernière. Le premier album solo de Kurt Cobain sortira le 6 novembre prochain pour accompagner la commercialisation du film en DVD et en Blu-Ray. C’est donc au tour de l’ex-leader de Nirvana de mesurer, depuis l’au-delà, la toute-puissance quasi-christique de son œuvre immortelle. Mais à la différence des disques posthumes estampillés Hendrix, Joplin, Notorious B.I.G ou encore Tupac, le cas de cette résurrection par le disque pose un questionnement moral presque inédit. Peut-on décemment décider de prolonger l’œuvre d’un artiste disparu, alors qu’il a lui-même choisi de la suicider ?

Cobain sans Nirvana, une image fausse et illogique

Évidemment, le rapport délicat entretenu par les superstars du rock avec la célébrité, la drogue, la dépression ou la perte de contrôle de leur production artistique a souvent précipité l’anéantissement de carrières comètes. Kurt Cobain est loin d’être le seul chanteur suicidé. Et même si les inévitables théories du complot accompagnent parfois les souvenirs nostalgiques de Ian Curtis, Elliot Smith ou Donny Hattaway, leurs suicides respectifs interviennent fatalement comme une valeur marketing supplémentaire quand il s’agit de vendre leurs disques, en même temps que leurs morts. À cet effet, les affaires personnelles de Ian Curtis qui réapparaissent tous les deux ans sur eBay ou l’ancien appartement de Cobain disponible à 279 euros la nuit sur AirBnB assurent parfaitement le service au rayon “bonus morbides”.

Mais avec ce nouvel exemple d’hommage posthume présenté sans ambages par Brett Morgen comme “le premier solo de Kurt Cobain”conçu pour “vous sentir comme si vous étiez assis dans le salon de Kurt, à le regarder créer”, le sentiment de gêne s’habille d’un nouveau frisson. Principalement parce que la sortie du disque impose une image aussi puissante que fausse et illogique sur le plan artistique : Cobain, seul sur un album, sans Nirvana.

En dehors des démos primitives larguées par Fecal Matter dès le milieu des années 80, l’art de Kurt Cobain ne s’est exprimé qu’à travers les contradictions de son groupe anormal, à la fois prospère, mythique et radical. Une équation improbable qu’il n’hésitait pas à qualifier de“monstrueuse” dans un entretien accordé aux inRocKs en 1993 :

“Le groupe était devenu un monstre, nous ne le contrôlions plus. Soudain, les gens que nous détestions, ceux contre qui ce groupe s’était formé, se sont mis à acheter notre disque. Les gros bras, les machos, les chauffeurs routiers aimaient Nirvana. J’étais déboussolé… Mais Krist et Dave ont su me parler. Et j’ai rencontré Courtney. J’ai trouvé une femme que j’aime profondément, ce qui me paraissait totalement impossible il y a quelques années.”

Plus loin, dans la même interview,  Kurt Cobain prévenait que si Nirvana devait s’arrêter un jour, il n’y aurait sans doute pas de place pour un quelconque ailleurs artistique :

“C’est l’amour de la musique qui me donne la force de continuer. Rien d’autre. Mais je pourrais me barrer du jour au lendemain. J’ai assez d’argent pour disparaître sans laisser de trace.”

>> A lire aussi : Nirvana en 1993 “Le groupe est devenu un monstre”

Un an avant la mort de Kurt Cobain, la dissociation de Nirvana et de son ex-leader semblait ne pouvoir résulter que d’une situation extrême, d’une fuite définitive, irrévocable et sans appel. Plus de vingt ans après, l’illusion contraire n’est rendue possible qu’à la faveur de la découverte d’un stock d’archives audio au moment de la réalisation du documentaire Cobain: Montage of Heck. Pour Billboard, Brett Morgen explique s’être alors immergé dans plus de 200 heures d’enregistrements à travers les 107 cassettes audio découvertes au domicile de Cobain et mises à sa disposition par sa fille, Frances Bean.

“Il s’agit d’un portrait de Kurt beaucoup plus doux que ce à quoi on pourrait s’attendre. On se rend bien compte du bonheur que lui apportait son processus de création. Les textes sont riches et ludiques. Par moments, on imagine son sourire et sa chaleur les traverser. Les chansons ne sont pas vraiment terminées, il ne s’agit même pas de démos. Mais je pense qu’elles peuvent compléter notre compréhension de Kurt, aussi bien en tant que musicien qu’en tant qu’homme”.

Sans surprise, le disque inclura des enregistrements entendus dans le documentaire mais également des inédits ainsi qu’ “un sketch humoristique”. Quelques extraits ont déjà filtré sur Internet, renforçant la certitude que Cobain n’a jamais eu l’intention de publier en l’état ces morceaux de vie enregistrés à domicile. Pas plus qu’il n’avait imaginé s’afficher sur le bonus d’un Blu-Ray en 2015 pour désolidariser son image de celle de Nirvana.

>> A lire aussi : Violée, étranglée, oubliée : Mia Zapata, l’inconnue grunge du club des 27

C’est-là toute l’impudence de ce projet de disque posthume. En plus de dénaturer a posteriori le geste artistique d’un musicien idéaliste qui ne s’était exprimé qu’à travers les déséquilibres de Nirvana, le disque semble destiné à présenter la créativité de Kurt Cobain dans son plus simple appareil. Au mépris des obsessions de contrôle et d’indépendance du principal intéressé.

“Tout ce qu’il touchait ne se transformait pas directement en or”

Dans un article publié en réaction à l’annonce du projet, le très sérieuxGuardian se pose une question plus large en remettant en cause la nécessité d’entendre des albums posthumes, quels qu’en soient les auteurs. Dorian Lynskey, journaliste britannique spécialiste de la musique, y compare la situation de Kurt Cobain à celle d’Alaiyah dont l’album posthume pourrait également sortir avant la fin de l’année :

“J’aime Kurt Cobain et Aaliyah car ce sont deux artistes très minutieux qui réfléchissaient à tous les détails de leur musique. Ils faisaient très attention à la façon dont ils la présentaient à leur public. Surtout, ils étaient conscients que tout ce qu’ils touchaient ne se transformait pas directement en or. L’annonce de leurs albums respectifs a provoqué un certain malaise chez moi. En tant que fan, je suis évidemment curieux. Mais je ne peux m’empêcher de penser que Cobain n’a jamais souhaité que le monde entende ses petites séances de bricolages acoustiques ou ses tentatives de sketchs comiques.”

Les deux projets posent effectivement un cas de conscience similaire car aucun des deux artistes n’avait l’intention de publier les morceaux qui sortiront en 2015. Difficile d’imaginer des chutes de studios ou de vulgaires bricolages domestiques capables de soutenir la comparaison avec des œuvres aussi vivantes, précises et accomplies que celles de Kurt Cobain ou Aaliyah. Du classique From a Basement on the Hill,d’Elliott Smith au non moins vibrant Life After Death de Notorious B.I.G., l’écrasante majorité des albums posthumes que l’histoire retiendra a bénéficié de matériel déjà enregistré, sélectionné par les artistes eux–mêmes.

Depuis que Kurt Cobain a mis fin à ses jours – pour les moins religieux d’entre-vous, c’était en avril 1994 – Nirvana a certes sorti une demi-douzaine de disques. Essentiellement des lives et des compilations, parmi lesquels le mythique Unplugged in New-York (capté par MTV en novembre 1993 et sorti un an plus tard) ou encore le Live at Reading(enregistré en 1992 et finalement publié en 2009). Mais toute ces sorties prolongeaient l”aura de Cobain sans en modifier la nature. Car les morceaux étaient écrits et enregistrés pour être défendus et diffusés sous le nom de Nirvana.

L’idée d’un album solo impose une nouvelle dimension dans la carrière de Cobain. Pire, elle dénature son geste artistique car elle le positionne pour la première fois en tant qu’artiste solitaire. Un nouveau concept rendu possible grâce à l’accord du principal ayant-droit de l’ancienne rock-star : sa fille Frances Bean, qui a autorisé la sortie du documentaire et de l’album qui l’accompagne.

Quel cadre légal pour les albums posthumes ?

L’exemple de l’album posthume de Kurt Cobain relance le débat sur la responsabilité des héritiers dans les questions de propriété intellectuelle. Contacté par nos soins, l’avocat Pierre Lautier, spécialiste du droit de la création, note que la notion d’intention n’a aucune valeur en matière de succession dans pareil cas. Il n’y a donc aucune différence entre la commercialisation d’un enregistrement studio et celle d’une cassette oubliée, aussi intime soit-elle :

“C’est dans ce genre de situation que l’on se rend compte du pouvoir des ayant-droits. La conjointe survivante, Courtney Love en l’occurrence, a plutôt un droit d’usufruit patrimonial. Tandis que le descendant est investi d’un droit moral qui peut débloquer pas mal de situations, notamment dans le cas de l’utilisation de manuscrits ou d’enregistrements. Les ayant-droits disposent de prérogatives assez fortes sur l’utilisation du nom, de l’image ou de l’œuvre d’un artiste. Quand le journal intime de Kurt Cobain a été publié, le même cas de conscience s’est posé. Je ne pense pas qu’il aurait été d’accord. Malheureusement; on ne peut pas réveiller un mort pour lui demander son avis. Et si l’ayant-droit accepte un projet pour des motifs financiers, ou pour n’importe quelle autre raison, personne ne peut s’y opposer.”

kkkÀ travers les considérations pragmatiques liées aux droits de succession et à la propriété intellectuelle, s’insinue également la question du libre arbitre et du contrôle de la production d’un artiste. Une notion chère à Kurt Cobain et complètement bafouée par ce projet d’album qui consiste à exhiber des enregistrements personnels qui, comme les manuscrits et les dessins du journal intime publié en 2002, n’avaient certainement pas d’autre vocation que de rester enfouis.

S’il n’a pas forcément motivé le passage à l’acte de Kurt Cobain, le succès démesuré de Nirvana et les nouvelles considérations marketing auxquelles le groupe était confronté participaient forcément du mal-être de l’artiste au moment de son suicide. Avec ce “premier album solo” gadget présenté comme un vulgaire bonus marketing de l’édition DVD du documentaire, la production de Montage of Heck confère finalement une vertu prémonitoire à la fuite en avant d’un Cobain déstabilisé par le succès, aussi bien critique que commercial, de l’album In Utero.

Fantasmer Kurt Cobain sur un album solo revient donc à accentuer l’invariable ironie qui poursuit les carrières éternelles des légendes de la musique. Le chanteur n’a jamais décidé d’entamer une carrière personnelle, mais son premier disque sortira quand même, plus de vingt ans après sa disparition. Un album qui n’a pour l’instant pas de titre, pas plus qu’il n’a de raison d’être. Si ce n’est celle d’accompagner la sortie DVD d’un documentaire controversé. Et de retirer à l’icône du grunge l’ultime liberté de sa vie d’homme et d’artiste.

Par Azzedine Fall